mardi 29 mai 2012

170.

Je n'écris que parce qu'il y a un déséquilibre en moi, une fracture quelque part entre ma tête et mon corps. Je n'écris que pour essayer de recoller les morceaux et colmater les brèches  Je n'écris que pour me protéger de la douleur de ce déchirement.

***

Je n'écris en fait que parce que je n'assume pas vraiment mon existence sous cette forme, dans ce corps, avec cette tête.

Je dois me rendre à l'évidence : Je n'aime pas ma tête et je n'aime pas mon corps. Et peut-être que tout ce que j'écris ici ou là n'est au final que la traduction de mon mal-être dans ce corps-ci... Le fait est que je n'en ai, et je n'aurai jamais, un autre... et c'est désespérant.

Il me faut remonter loin pour trouver l'origine de ce problème, au moins dix, quinze ou vingt ans en arrière: Je n'ai jamais eu le sentiment, dès le début de mon adolescence, que j'étais le garçon fort qu'on rêvait tous d'être à cet âge. J'étais petit et chétif, je tombais facilement malade, je saignais rapidement du nez. J'évitais toujours les bagarres,...J'étais le petit étranger qui venait du nord; et quand ma famille est remonté au nord, j'étais devenu le petit étranger qui venait du sud... J'ai grandi ensuite, et est venu le temps des premiers émois amoureux, je n'ai jamais eu en ce temps-là, le sentiment de plaire physiquement à une fille au lycée.

Je n'étais pas un binoclard avec une raie dans les cheveux; mais j'étais quand même bon élève et premier de la classe. J'étais très doué par rapport aux autres et j'étais premier à ma façon; j'arrivais à compenser mon mal-être, ma peur et mon manque d'estime pour moi-même par beaucoup d'excentricité et un prétendu détachement qui me donnait des airs d'inspiré.

Je développais toutes sortes de stratégies inconscientes pour m'accepter et être accepté. Et ça réussissait: j'étais la référence, le copain, l'ami et le protégé de tous. Je travaillais cependant toujours à préserver ce que j'appelais mon "inaccessibilité";  car c'était là ma seule bouée de sauvetage.

La fille dont j'étais tombé follement amoureux pendant ces années-là (entre la fin du lycée et le début de mes études universitaires) n'est restée avec moi que quelques mois, puis a préféré me quitter vers un garçon plus beau, plus athlétique, plus séduisant. Elle n'avait rien à faire ni de moi, ni de ma culture, ni de mon intelligence, ni de mon humour, ni de mes sentiments ou de mon attention envers elle; ni de rien du tout en fait... Elle ne m'a jamais aimé tout simplement.

C'est cet épisode qui m'a probablement cassé; mais sans que je m'en rende compte ou que je me l'avoue; je me dis néanmoins qu'à l'époque, il a certainement du confirmer quelque part en moi tout ce que je présumais sur mon corps.

Et c'est à ce moment-là, sans doute, que le divorce intérieur en moi était consommé. (Et je pense que je n'en suis pas encore totalement remis.). A cette époque, je me rappelle que je m'étais très vite rebattu sur "mon inaccessibilité"... Mon armure de protection est devenu au fil du temps, de plus en plus lourde, de plus en plus compacte, de plus plus étanche; jusqu'à devenir ma seule vérité. Je ne pouvais plus la quitter, sans risquer d'être blessé.

De l’extérieur, rien n’y paraissait pourtant; au contraire-même, je suis devenu rapidement quelqu’un qui donnait des apparences de maturité, qui avait du succès, qui collectionnait les marques d’estime et d’admiration... Je pouvais plaire, mais je ne me croyais jamais capable de le mériter...

Je n'ai jamais voulu reconnaître au fond que j'étais malgré tout ce même adolescent qui n'aimait pas sa tête et qui s'est senti  un jour blessé et trahi… et qui pour s'en sortir, s'était ensuite construit de lui-même toute image où il n’existait qu’à travers des mots; mais des mots qui restaient toujours inopérants et ne renseignaient, pour ceux qui savaient voir, que sur une blessure encore ouverte.

****

Une seule personne peut m'aider à me réconcilier avec moi-même: une personne qui, en plus d'aimer ce que je laisse voir de moi de l'extérieur, tout cet attirail "poétique", "littéraire", "spirituel" ou "philosophique", veuille aller plus loin que mon image extérieure avec ses bons et ses mauvais côtés, qui me donne la main, qui me redonne confiance en la possibilité de s'ouvrir aux autres, qui m'aide à me dévoiler, à me montrer, à me déshabiller...en me disant que c'est aussi l'être en chair et en os que je suis, qui l'intéresse.

Cette personne existe et je demande son aide.
169.

Demandez à un nuage en quel pays il passe, ou quelle époque il traverse; et il vous rira au nez. Demandez à un arbre en quel pays il pousse, ou en quelle époque il vit; et il vous rira au nez aussi. Ils vous diront tous les deux que la terre est une et que le ciel est un; ils vous diront aussi qu'aujourd'hui c'est l'éternité. Ils vous diront enfin qu'il n'y a que les hommes qui ne l'aient pas encore compris.

***

Il y a en l'être humain aussi ce qui est du nuage et de l'arbre. Et au nom de ceux-là, au nom de cette nature-là, qui n'appartient pas aux circonstances; je revendique mon droit à me hisser au-dessus de la petite personne en moi; à son petit dieu, à sa petite patrie, à ses petits tracas et à ses petites humeurs. Je revendique mon droit à me tenir à distance de tout cela, afin que l'esprit de l'être universel en moi, puisse jouir, librement et souverainement, du miracle de l'existence.
168.

Ouvrir le livre aux pages du matin et commencer à lire sa journée.

Essayer de lire et de comprendre les lignes écrites par le soleil, le vent, les arbres et les oiseaux, et celles aussi qu'écrivent certains hommes sur la face de l'eau.

Essayer de déchiffrer les alphabets inconnus en travaillant sa sensibilité, et en accordant son regard à la vibration de cette chose indicible qui fait corps avec notre fragilité essentielle. Attendre que notre propre regard éclaire nos entrailles.

Ne pas raturer et ne pas écrire en dessus de ce qui est déjà écrit. Trouver une place, un espace vide pour une ligne ou deux.

Ajouter sa propre phrase: une phrase simple avec un seul verbe conjugué. De préférence au présent.  La meilleure serait : Je suis heureux. N'y ajouter au plus que quelques compléments circonstanciels, jamais aucun complément de subordination.
167.

Je regardais l'autre jour de jeunes gens qui jouaient aux cartes, et je les entendais répéter en boucle cinq ou six noms de cartes: valet, as; pique, dame, trèfle,etc,... Je me suis dit qu'on ne peut pas aller bien loin comme ça, on se répète très vite au bout de quelques tours.

Je m'étais même senti, en les écoutant, bien riche d'avoir à ma disposition les vingt six lettres de l'alphabet et leurs innombrables combinaisons; celles-là mêmes qui me permettaient toujours, à chaque fois que le cœur me pesait, de trouver les mots pour m'alléger de quelques maux...

jeudi 10 mai 2012

166.

A la femme; en qui réside pour l'homme
le bonheur commun du corps et de l'âme.

***

Tes yeux sont deux versets,
et tes lèvres sont deux autres.

Tes épaules sont deux versets,
et tes seins deux autres.

Tes jambes sont deux versets,
et tes pieds deux autres.

Ton corps entier est une sourate de la beauté;
et mes lèvres qui s'y promènent, récitent une prière.
165.

"L'homme qui domine aujourd'hui est un primitif surgissant au milieu d'un monde civilisé. C'est le monde qui est civilisé, et non ses habitants, qui eux n'y voient même pas la civilisation mais en usent comme si elle était le produit même de la nature. Au fond de son âme, cet homme méconnaît le caractère artificiel, presque invraisemblable de la civilisation". José Ortega y Gasset - La révolution des masses.

Je ne dirais pas mieux...

Ces hommes de la masse, ces primitifs actuels, sont aujourd'hui à l'aise avec la démocratie et avec le droit, avec la justice et avec l'Etat, avec la science et avec la technologie, avec le web et avec les médias,...avec tout ce dont ils ne comprennent ni les causes, ni les rouages, ni les conséquences.

Ils veulent pourtant en user dans leur vie de tous les jours, tout en demeurant, dans leurs croyances et comportements, et surtout dans leur idolâtrie du "gros animal" religieux ou social, aussi primitifs que leurs ancêtres les plus reculés.

Résultat: Tout est perverti!

mercredi 9 mai 2012

164.

La nuit sera calme. C'est le titre d'un livre; de Romain Gary.

Je l'aime bien cette phrase: La nuit-sera-calme. Je la répète en moi, deux, trois fois, doucement, silencieusement, comme un mantra; et elle me calme. Sans doute, quelques trois ou quatre habitudes innocentes comme celle-ci, ont plus d'influence sur moi que beaucoup d'infinis. Les grands discours c'est généralement du vent, c'est pour se berner soi-même,...ou d'autres.

Je sais cependant que je n'aurais jamais pu survivre à mes peines imaginaires (imaginaires parce qu’elle n'ont aucune raison d'être) si je n'avais pas écrit tous ces textes ces trois dernières années; même si après coup, je trouve la plupart lourds et compliqués; et que je me dise souvent à l'instant où je mets un point final à l'un d'eux: T'as écrit? T'es content maintenant? T'aurais pas pu te taire au lieu de te vautrer ainsi dans les mots...?

Mais comme tout ce qui n'est pas nécessaire dans ce monde, et qui n'a de justification que sa propre existence, c'est à dire presque tout; je me dis aussi que ces textes sont justifiés puisqu'ils sont là maintenant. Et ils sont que je le veuille ou non l'expression de moi-même à un moment donné. Je sais pourtant que "je est autre", et que ce j'écris n'est qu'une mystification, dont je suis en même temps l'auteur et la victime.

Il y a aussi ce proverbe latin qui définissait l'homme de la sorte: "L'homme est un animal triste après le coït". En ce qui concerne l'écriture, je dirais la même chose: je suis un homme triste après le texte. L'écriture, des fois, c'est pas un luxe, mais une luxure...

Sauf que la volupté des mots ne me laisse généralement pas le choix, et j'en suis amoureux comme des femmes. Romain Gary, encore lui, le dit mieux que moi: "Je ne peux pas ne pas écrire. C'est organique pour moi. J'ai besoin d'écrire, sinon je suis malade. C'est un procédé d'élimination, vous comprenez?".

lundi 7 mai 2012

163.

Une des plus belles phrases qu'il vous sera donné de lire:

"Un jour...l'amour ne sera plus le commerce d'un homme et d'une femme, mais celui d'une humanité avec une autre. Plus près de l'humain, il sera infiniment délicat et plein d'égard, bon et clair dans toutes les choses qu'il noue ou dénoue.  Il sera cet amour que nous préparons, en luttant durement : deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant,...et s'inclinant l'une devant l'autre."

Rainer Maria Rilke-Lettres à un jeune poète.
162.


Dieu n'existe ni le passé, ni dans l'avenir; et à chaque fois qu’on s’éloigne du présent, on s'éloigne de Dieu.

***

Nous ne faisons appel à Dieu que dans la mesure où nous n'arrivons pas (ou refusons) à nous prendre en charge nous-mêmes, en tant qu'individu ou en tant que collectivité. L'idée de Dieu ne serait valable que lorsque enfin devenus libres de nous-mêmes, il resterait encore en nous suffisamment d'amour pour les autres.

***

En les créant, Dieu cherchait à habiter dans les cœurs des hommes. Mais ils l'en ont vite exclu, et lui ont dit : "C'est pas qu'on t'aime pas, mais tu vois, il n'y a plus beaucoup de place pour toi ici.  Ne t'inquiète pas néanmoins, on t'a construit une maison dans le quartier, et on viendra, à l'occasion, te voir là-bas..."

Il n'y est jamais allé, à cette maison. Il a préféré revenir aux étoiles.
161.

L'expérience est simple: regardez vous dans un miroir. Vous allez constater que vous ne pourrez pas vous voir sans constater simultanément que ce reflet semble vous regarder à son tour.

Or nous sommes d'accord  que ce n'est qu'une image sans réalité aucune. Il n'y a dans la pièce qu'un seul observateur: vous! mais l'acte même de vous observer dans un miroir donne obligatoirement une existence à cette image.

Imaginez alors par un petit exercice de pensée si ce reflet, non conscient de sa nature, pensait être l'être véritable et que vous, vous seriez son reflet...

L'esprit est pareil.  L'esprit qui, en vous, a l'impression de voir, de penser, d'analyser, de comprendre et d'exister pour lui-même n'est qu'un reflet sans essence. Il n'y a que le réel qui soit; et votre esprit n'est qu'un miroir où il se réfléchit.

Qui êtes vous alors ?
160.

Toute souffrance est une femme enceinte d'une nouvelle sagesse.

Quand vient le moment, la seconde ne peut naître que si la première meurt. C'est d'ailleurs l'un des rares cas où il faut sauver l'enfant.
159.

Il faut arrêter de considérer que la vie est un droit; car tout droit exige qu'il soit exercé, et de là se transforme en devoir, et de là le refus de vivre.

La vie est un plutôt un privilège, mais octroyée de personne; et de là toute sa saveur et tout le sens de la liberté.
158.

Il m'a traversé hier soir une idée bizarre. Elle se résumait à peu près à cela: pendant un court laps de temps, j'avais eu peur d'être peut-être heureux.

J'ai eu peur...car cela aurait voulu dire que j'avais abandonné toute espoir d'être heureux, que je ne m'attendais à rien de nouveau,  et que le temps pouvait s'en aller tranquillement; et moi, assis sur le palier de ce bonheur enfin trouvé, lui sourire en le saluant de la main ...

J'étais quand même résolu à n'accepter qu'un seul bonheur: celui qui ne se confondrait pas avec la satisfaction de soi. Et si je devais un jour être heureux, c'était contre moi-même.

Et puis, j'ai trouvé que l'idée de refuser à priori le bonheur, alors, qu'à bien y penser, rien ne m'empêchait de l'être, pouvait être la définition la plus adéquate de la stupidité.

Et puis, tant stupide que je suis, j'ai compris autre chose: se défaire de l'espoir du bonheur, pour apprendre à agir avec ce qui est, sans appeler cela désespoir, n'est pas chose facile.

Je serai d'ailleurs prêt à parier que la majorité des malheureux qu'on kidnapperait pour rendre heureux, refuseraient net; et préféreraient encore espérer être heureux.
157.

"Je déteste mon passé et celui des autres. Je déteste la résignation, la patience, l’héroïsme professionnel et tous les beaux sentiments obligatoires. Je déteste aussi les arts décoratifs, le folklore, la publicité, la voix des speakers, l’aérodynamisme, les boyscouts, l’odeur du naphte, l’actualité et les gens saouls.

J’aime l’humour subversif, les tâches de rousseur, les genoux, les longs cheveux des femmes, les rêves des jeunes enfants en liberté, une jeune fille courant dans la rue. Je souhaite l’amour vivant, l’impossible et le chimérique. Je redoute de connaître exactement mes limites."

René Magritte

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Oui,...je redoute moi aussi de connaître exactement mes limites, car ça voudrait dire que je ne me surprendrai plus jamais; ça voudrait dire que je suis mort.

mercredi 2 mai 2012

156.

Et puis ces deux phrases à méditer pour la nuit :

"Grandir, c'est dépasser ce que vous êtes aujourd'hui. Prenez appui sur vous-même. N'imitez pas. Ne prétendez pas avoir atteint le but et n'essayez pas de brûler les étapes. Essayez seulement de grandir."-Swami Prajnanpad.

"Je ne vois pas d'autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu'il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu'il n'est déjà."-Etty Hillesum.
155.

J'ai essayé hier de prêter main forte à un jeune couple d'amis qui déménageaient. J'ai donc trimballé, en quelques allers-retours entre les deux appartements, une énorme quantité de choses... dont la plupart étaient à mon sens inutiles et inutilisables...

Et eux de m'expliquer que toutes ces choses sont nécessaires, que ce n'est rien par rapport à ce qu'ont les gens habituellement, qu'ils sont même en dessous de la norme, que je ne sais pas de quoi je parle, etc...


Et moi de leur expliquer qu'ils se sont, malgré tout, encombrés de trop choses...

J'ai essayé de leur expliquer que dans "juste milieu", c'est le mot "juste" qui est important, et non pas le mot "milieu"...Et que en ce qui concerne toutes ces choses, "juste" se situe du côté de peu; comme il se situe aussi, pour d'autres questions du côté de beaucoup.

Mais enfin...Je ne sais pas de quoi je parle...J'ai repensé à ma propre impatience dès que j'entre à la maison, à me débarrasser de toutes les choses que je trimballe avec moi de la journée : montre, carnet de chèque, pièces de monnaie, portefeuille, clés de la maison, clés de la voiture, stylo, clé USB, token de PC, lunettes de soleil, téléphone portable, paquet de cigarettes, briquet, et autres petits papiers...

Cette énorme quantité de choses qui me pollue sans cesse les poches et la tête...


 154.

L'averse est finie.
Les derniers cumulus poussent vers le sud et le ciel se dégage peu à peu. Une légère brise souffle encore sur la plage... Les mouettes reviennent voltiger au dessus de l'eau, et s'abandonnent aux vents en poussant leurs petits cris caractéristiques...

Je m'assois sur le bout d'un arbre sénescent derrière moi . Je retire mes chaussures et mes chaussettes, et plonge mes pieds jusqu'aux chevilles dans le sable humide. Sa fraîcheur remonte rapidement le long de ma colonne vertébrale, jusqu'à ma nuque; un léger frisson me parcourt le dos.

Devant moi, s'étend le bleu sombre d'une mer un peu agitée. Je m'y lave longuement les yeux en la regardant s'étirer au loin. je me rappelle qu'AboulKacem Chebbi a écrit son poème "la volonté de vivre" en regardant ce même horizon.

J'écoute le bruit sourd des vagues venant mourir sur la plage. Je respire profondément l'air iodé de la mer...

Un coquillage ouvert me rappelle ce que j'avais lu le matin même: On avait amené à Jésus un sourd-muet pour le guérir; il lui dit: "Effata" - "Ouvre-toi". La langue de l'homme se délia. Je me dis à moi-même: Effata...

Il ne reste plus de moi que ma respiration, le reste se dilate pour occuper l'espace alentours. Mon esprit tournoie paisiblement dans le vide, et tous mes raidissements se dissipent dans cette danse calme. Tous mes masques s'y désagrègent...

Je remets mes chaussures et me relève pour marcher un petit peu...J'avais l'impression d'avoir repassé quinze minutes dans le ventre de ma mère.