mardi 20 décembre 2011

68.

Comme le funambule
suspendu à son ombrelle
 

Je m’accroche
à mon propre déséquilibre

Je connais par cœur
ces chemins inconnus
je peux les parcourir
les yeux fermés

Mes mouvements
n’ont pas la grâce axiomatique
du poisson dans l’eau

du vautour et du tigre

ils paraissent désordonnés
comme tout ce qu’on voit
pour la première fois

Je suis obligé d’inventer
une façon de me déplacer
de respirer
d’exister

Dans un monde qui n’est ni eau
ni air, ni terre, ni feu

comment savoir d’avance,
si l’on doit nager
voler, marcher ou brûler ?


Ghérasim Luca.1945

***

La lutte est lassante, le combat est inégal.

1 commentaire:

  1. Enfin, je découvre ton blog...et je crois qu'il me plait. le pouvoir des mots et de leur portée poétique, merci, j'ai une belle lecture qui m'attend.

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