dimanche 15 avril 2012

149.

J'ai essayé une fois de parler à une statue.
C'était celle de la Venus de Milo exposée au musée du Louvre.

Comme aussi, j'avais essayé lorsque j'étais plus jeune de comprendre moi-même ce que voyaient les aveugles. J'étais jeune, naïf et fou; Je fermais les yeux dans la rue, et je disais que je marcherai dans ma lumière intérieure. J'écrivais même de la poésie à cette époque; des vers que je croyais immortels...

Vous vous en doutez bien sur, la Venus du Louvre ne m'a ni entendu ni répondu, comme la lumière de ma jeunesse ne m'avait pas, auparavant, éclairé bien longtemps...

Ne soyez pas étonnés, il n'y a rien de fou ou de bizarre dans ce que je dis. Vous aussi, vous parlez souvent à des statues qui ni vous entendent ni vous répondent. D'autres fois, vous-mêmes, vous devenez ces statues pétrifiées, et vous ni entendez ni répondez; vous ne en vous rendez-pas compte seulement... Je n'ai donc fait que pousser la même logique un peu plus loin que d'habitude...

Je parlais donc à la belle déesse du Louvre... Mais ce n'était pas pour qu'elle me réponde; c'était plutôt pour savoir ce que moi-même je disais. Je la regardais et je lui demandais: "Venus, entends-tu battre ce coeur  pour toi?" ? Et j'entendais battre mon coeur... "L'entends-tu ce coeur inquiet?"  Et j'entendais encore battre mon coeur...

Elle regardait ailleurs, par delà mon épaule. Pourtant, j'étais convaincu que l'amour servait à réveiller les "morts"...

6 commentaires:

  1. Il parait même qu'il n'y a que ça de vrai...

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  2. Bonjour.
    Je viens vous faire un petit coucou pour vous prévenir que j'ai lu votre commentaire.
    Il y a certains points, que j'aimerais soulever par rapport à ce que vous avez écrit dans cet article sur la spécificité humaine (la nudité des animaux et dans la genèse par exemple, les autres qui deviennent piliers pour certains repères, afin de s'accomplir soi-même...)
    Je tiens à vous exprimer mon admiration par rapport à la métaphore du silex! Ça mérite un petit applaudissement.

    Après, quant à cet infini qui vibre en chaque humain, et l'éveil à la vie, certains fossés se creusent entre théorie et pragmatisme,à cause de certains facteurs, contrôlables ou non (je pense là à l'effet de masse, le système mondial qui nous martèle certaines instructions, le peu de temps qu'on s'octroie, certaines contraintes aussi...)

    Oui, je pose pas mal de questions, et je suis consciente qu'elles nécessitent pas mal de temps, de reflexion, d'assimilation, d'espace. Nous décortiquerons tout cela en son temps, si la volonté s'y trouve. Je ne suis pas pressée.

    Il y a la voie difficile, et la voie aveugle. Difficile de faire demi tour quand on commence à tatonner les sentiers de la première ! En ce qui concerne donner un sens à sa vie... Que pensez-vous de l'idée que nous créions ce sens par ce que nous générons, qu'il ce soit conceptuel ou tangible?



    "Il y aurait encore tellement à dire et à partager... On trouvera bien une façon de continuer notre discussion. Merci pour tout quand même."
    Vous m'enthousiasmez !
    Merci à vous. Ou, s'il vous plaît, merci à nous. :)
    Parler ainsi en commentaires n'est-il pas un moyen de continuer notre discussion? Est-ce que cela vous incommode?

    À bientôt.

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  3. @Nathanaëlle: C'est l'oeuvre d'une vie que de garder son coeur battre ...pour soi et pour les autres. Il n'y a que ça de vrai, oui..mais c'est pour ça aussi que c'est si difficile.

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  4. @être humain : Merci pour vos mots gentils. Le mérite de la métaphore du silex revient à celui qui l'a trouvé (Albert Jacquard). Moi je n'ai fait que la raconter.

    Par rapport à la question que vous posez sur le sens de la vie : cette question n'a jamais été résolue et ne le sera jamais. Certaines lectures néanmoins peuvent nous donner des clés. L'essentiel pour moi, c'est ne pas faire semblant d'exister; après qu'on dise qu'on a "réussi" ou qu'on a "échoué", tout est relatif.

    Sur ça, j'aime ce qu'en dit Montaigne: "Il n'est rien de si beau et de si légitime que de faire bien l'homme et dûment, ni science plus ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie."

    Et aussi l'Ecclésiaste (c'est un chapitre de l'acienne bible) (que tu peux trouver sur le net)

    Surtout ne me croyez jamais sur parole. Un sage indien qui s'appele J.Krishnamurti disait : "Range le livre, la description, la tradition, l'autorité, et prend la
    route pour découvrir toi-même."

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  5. "Défions-nous du peuple, du bon sens, du cœur, de l'inspiration, et de l'évidence." Baudelaire - Mon coeur mis à Nu.
    Naturellement, à chacun sa propre réalité, celle qui lui correspond, et qui lui permette d'atteindre des sommets, c'est à dire, entre autres, de donner de soi.

    Je lis l'Ecclésiaste.
    Je trouve la bible facile à lire, plutôt plaisant au départ.

    Bonsoir!

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  6. Tiens, je vais moi aussi me mettre à lire Mon coeur mis à nu de Baudelaire.

    P.S: je découvre un texte de lui qui s'appelle: "le Fou et la Venus". que je jure ne pas avoir lu avant aujourd'hui même. ça m'a fait du coup tout drôle d'avoir écrit l'histoire d'un fou qui parle à une statue...

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