dimanche 24 juin 2012
dimanche 17 juin 2012
174.
"Pour me trouver des raisons de vivre, j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer". Paul Eluard
Je ne pourrais ni en trouver ni en détruire...
On peut seulement s'égarer en compagnie son amour, ou mourir sans avoir vécu... Car enfin, le véritable amour, comme la vraie vie, ne sauraient être que sans raison; ce sont les seuls qui vaillent.
"Pour me trouver des raisons de vivre, j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer". Paul Eluard
Je ne pourrais ni en trouver ni en détruire...
On peut seulement s'égarer en compagnie son amour, ou mourir sans avoir vécu... Car enfin, le véritable amour, comme la vraie vie, ne sauraient être que sans raison; ce sont les seuls qui vaillent.
177.
J'ai écouté, hier à la télé, un représentant de parti salafiste (qu'est-ce que je déteste ce mot) venu parler de la vision qu'ils ont, lui et son groupe, pour de l'avenir du pays.
Dépassant tant bien que mal, mon allergie quasi-physique à la médiocrité et au psittacisme (c'est le mot qui leur convient le plus, regardez dans le dictionnaire) de son discours, j'ai tenu à l'écouter jusqu'au bout pour comprendre la logique selon laquelle il fonctionnait; me disant qu'il fallait bien à un moment donné connaître ses ennemis..
L'idée première qui s'impose à moi après réflexion est la suivante: l'Islamisme est un totalitarisme comme les autres...
La logique qui soutient l'ensemble du discours de ces islamistes est une logique de totalisation. Car leur but ultime est d'englober tout le monde, de gré ou de force, dans la seule totalité qu'ils considèrent être vraie; et qu'ils nomment la vie selon la la loi de dieu. Et elle équivaut de facto pour eux, à la religion islamique tels qu'ils la comprennent eux; c'est à dire dans son sens le plus matériel et le plus rétrograde possible.
Et quand bien même, cette totalité est en réalité aussi sombre et minuscule qu'une bille de verre; pour eux, c'est toujours la seule totalité possible, et c'est elle la vie...
C'est cette fermeture d'horizon qui m'apparaît être la raison essentielle de l'impossibilité de trouver un moyen de dialogue avec ces gens-là. (Et non pas leur violence (toutes les foules sont violentes) ou leur inculture (toutes les foules sont incultes))
****
Je me souviens à ce propos de la philosophe allemande juive Hannah Arendt, et de son livre "Les origines du totalitarisme"; ou elle décrit dans un des chapitres, les caractéristiques des mouvements totalitaires du XXème siècle, à savoir le Nazisme et le Communisme stalinien.
Les caractéristiques qu'elles fait ressortir s'appliquent à merveille à la logique et au système islamistes; jugez plutôt:
- La transformation des classes sociales en masses et en foules; et l’organisation de ces dernières selon une loi du mouvement. Le processus de propagation de ce mouvement est fondé sur la propagande, la désinformation, l'endoctrinement, l'exaltation des sentiments etc,... et repose, pour s'étendre le plus loin possible, sur la terreur et la guerre psychologique. Cette terreur vise en bout de course à pousser chaque individu à l'autodestruction de son intégrité idéologique, et la remplacer par celle du mouvement totalitaire.
- le rejet de la réalité et sa substitution par un mythe, une fiction créée, et le plus souvent récupérée, par le mouvement totalitaire.. Les masses ont donc les pieds totalement détachés du monde réel, et vivent dans un monde artificiel soutenu uniquement par des colonnes idéologiques et le décor de la fiction ( la révolution! c'est moi qui souligne)
- L’alliance entre la populace et l'élite du mouvement totalitaire et la superposition des identités entre le dirigeant et les masses qui lui obéissent. Tout acte des subordonnés est réalisé au nom du chef, et inversement, tous les subordonnés suivent aveuglément les ordres du chef. Toute la logique d'un totalitarisme est de créer un manque de pensée chez les gens; rendant la violence à l'égard des "récalcitrants à intégrer la totalité" banale et légitime.
***
Je pourrais étayer point par point ces différents axes avec des exemples récents de ce qui se passe en Tunisie; mais ce sera pour une autre fois; je me suis promis de détourner mon regard le plus souvent possible...
Je répète juste une dernière fois pour le plaisir de la formule: l'Islamisme est un totalitarisme comme les autres...
J'ai écouté, hier à la télé, un représentant de parti salafiste (qu'est-ce que je déteste ce mot) venu parler de la vision qu'ils ont, lui et son groupe, pour de l'avenir du pays.
Dépassant tant bien que mal, mon allergie quasi-physique à la médiocrité et au psittacisme (c'est le mot qui leur convient le plus, regardez dans le dictionnaire) de son discours, j'ai tenu à l'écouter jusqu'au bout pour comprendre la logique selon laquelle il fonctionnait; me disant qu'il fallait bien à un moment donné connaître ses ennemis..
L'idée première qui s'impose à moi après réflexion est la suivante: l'Islamisme est un totalitarisme comme les autres...
La logique qui soutient l'ensemble du discours de ces islamistes est une logique de totalisation. Car leur but ultime est d'englober tout le monde, de gré ou de force, dans la seule totalité qu'ils considèrent être vraie; et qu'ils nomment la vie selon la la loi de dieu. Et elle équivaut de facto pour eux, à la religion islamique tels qu'ils la comprennent eux; c'est à dire dans son sens le plus matériel et le plus rétrograde possible.
Et quand bien même, cette totalité est en réalité aussi sombre et minuscule qu'une bille de verre; pour eux, c'est toujours la seule totalité possible, et c'est elle la vie...
C'est cette fermeture d'horizon qui m'apparaît être la raison essentielle de l'impossibilité de trouver un moyen de dialogue avec ces gens-là. (Et non pas leur violence (toutes les foules sont violentes) ou leur inculture (toutes les foules sont incultes))
****
Je me souviens à ce propos de la philosophe allemande juive Hannah Arendt, et de son livre "Les origines du totalitarisme"; ou elle décrit dans un des chapitres, les caractéristiques des mouvements totalitaires du XXème siècle, à savoir le Nazisme et le Communisme stalinien.
Les caractéristiques qu'elles fait ressortir s'appliquent à merveille à la logique et au système islamistes; jugez plutôt:
- La transformation des classes sociales en masses et en foules; et l’organisation de ces dernières selon une loi du mouvement. Le processus de propagation de ce mouvement est fondé sur la propagande, la désinformation, l'endoctrinement, l'exaltation des sentiments etc,... et repose, pour s'étendre le plus loin possible, sur la terreur et la guerre psychologique. Cette terreur vise en bout de course à pousser chaque individu à l'autodestruction de son intégrité idéologique, et la remplacer par celle du mouvement totalitaire.
- le rejet de la réalité et sa substitution par un mythe, une fiction créée, et le plus souvent récupérée, par le mouvement totalitaire.. Les masses ont donc les pieds totalement détachés du monde réel, et vivent dans un monde artificiel soutenu uniquement par des colonnes idéologiques et le décor de la fiction ( la révolution! c'est moi qui souligne)
- L’alliance entre la populace et l'élite du mouvement totalitaire et la superposition des identités entre le dirigeant et les masses qui lui obéissent. Tout acte des subordonnés est réalisé au nom du chef, et inversement, tous les subordonnés suivent aveuglément les ordres du chef. Toute la logique d'un totalitarisme est de créer un manque de pensée chez les gens; rendant la violence à l'égard des "récalcitrants à intégrer la totalité" banale et légitime.
***
Je pourrais étayer point par point ces différents axes avec des exemples récents de ce qui se passe en Tunisie; mais ce sera pour une autre fois; je me suis promis de détourner mon regard le plus souvent possible...
Je répète juste une dernière fois pour le plaisir de la formule: l'Islamisme est un totalitarisme comme les autres...
176.
Depuis longtemps, je ne fais que courir; cherchant ma place dans ce monde avec les autres,... Mais il n'y a pas de place pour moi. Non, pas de place ici.
Il y a ce seulement ce banc vide au jardin public...
(C'est plus le sentiment de ne pas avoir de place que ne pas en avoir réellement. C'est nécessaire pour maintenir une sensibilité, une indépendance, un ordre intérieur intacts; et éviter le plus souvent, mais pas tout le temps, les humeurs et les erreurs humaines ordinaires. Le prix à payer reste pourtant très cher, car ce sentiment peut aussi exposer, et de trop près, à ses propres ténèbres,... L'on peut toujours dans ces cas interposer quelques mots et leur poésie, l'on peut toujours se réfugier dans la bienveillance de quelques âmes...)
Je m’assois quelques instants sur le banc...
"Bonjour ma vie...Bonjour ma tristesse...
je voulais te dire...quand je regarde ton beau visage, ma vie; que j'ai en moi comme un tremblement de larmes, comme ce ciel où il fait à la fois pluie et soleil, où il est à la fois midi et minuit". Je voulais te dire aussi que je t'aime comme tu es..., que je ne te ferai jamais l'insulte de chercher à être consolé de toi."
Je me relève et repart à la recherche d'un refuge dans un cœur...en attendant de trouver ma place dans les étoiles.
Depuis longtemps, je ne fais que courir; cherchant ma place dans ce monde avec les autres,... Mais il n'y a pas de place pour moi. Non, pas de place ici.
Il y a ce seulement ce banc vide au jardin public...
(C'est plus le sentiment de ne pas avoir de place que ne pas en avoir réellement. C'est nécessaire pour maintenir une sensibilité, une indépendance, un ordre intérieur intacts; et éviter le plus souvent, mais pas tout le temps, les humeurs et les erreurs humaines ordinaires. Le prix à payer reste pourtant très cher, car ce sentiment peut aussi exposer, et de trop près, à ses propres ténèbres,... L'on peut toujours dans ces cas interposer quelques mots et leur poésie, l'on peut toujours se réfugier dans la bienveillance de quelques âmes...)
Je m’assois quelques instants sur le banc...
"Bonjour ma vie...Bonjour ma tristesse...
je voulais te dire...quand je regarde ton beau visage, ma vie; que j'ai en moi comme un tremblement de larmes, comme ce ciel où il fait à la fois pluie et soleil, où il est à la fois midi et minuit". Je voulais te dire aussi que je t'aime comme tu es..., que je ne te ferai jamais l'insulte de chercher à être consolé de toi."
Je me relève et repart à la recherche d'un refuge dans un cœur...en attendant de trouver ma place dans les étoiles.
lundi 11 juin 2012
173.
"Cependant j’étais loin d’être désespéré. Je ne le suis même pas devenu aujourd’hui. Je me donne seulement des airs. Le plus grand effort de ma vie a toujours été de parvenir à désespérer complètement, il n’y a rien à faire. Il y a toujours quelque chose en moi qui continue à sourire." Romain Gary
Quelle "déception", et en même temps quelle ouverture, à se découvrir encore en formation, pas encore tout à fait fini... A mon age, je pensais pourtant avoir fini le travail: être finalement devenu ce que je suis réellement.
Il s'avère que non... Je suis encore en route... C'est exactement comme ce que chantait Gabin dans "Je sais". Oui, on dit toujours "Je sais" un peu trop tôt.
"Cependant j’étais loin d’être désespéré. Je ne le suis même pas devenu aujourd’hui. Je me donne seulement des airs. Le plus grand effort de ma vie a toujours été de parvenir à désespérer complètement, il n’y a rien à faire. Il y a toujours quelque chose en moi qui continue à sourire." Romain Gary
Quelle "déception", et en même temps quelle ouverture, à se découvrir encore en formation, pas encore tout à fait fini... A mon age, je pensais pourtant avoir fini le travail: être finalement devenu ce que je suis réellement.
Il s'avère que non... Je suis encore en route... C'est exactement comme ce que chantait Gabin dans "Je sais". Oui, on dit toujours "Je sais" un peu trop tôt.
174.
(Suite précédent)
Quelle conséquence tirer de tout ça?
Que nous ne sommes en fin de compte que des corps soumis au bombardement continuel de stimuli extérieurs? Ne pouvons-nous donc "être" qu'en réaction à un extérieur qui nous sollicite? Est-ce là la seule vérité qui nous soit accessible?
Sommes nous réellement incapables de créer une vérité à partir de nous-mêmes? Ne pouvons-nous pas être acteurs de nos propres vies sans forcément tomber dans le piège de nos illusions?
N'y a t-il rien à l'intérieur de nous qui soit lui aussi, tout autant vrai que le réel extérieur? Et s'il n'y a rien, quelle différence subsisterait alors entre pleurer ou rire pour une même raison, ou même sans aucune raison? Tout ne se vaut-il pas dans ce cas? Quel serait la valeur des choix que nous faisons? si tant est est que nous puissions déjà faire des choix?
Qu'y a t-il en nous de vivant, qui provienne de nous, qui soit nous; mais qui n'est ni une réaction à un stimuli extérieur, ni non plus une invention de nos esprits?
Est-ce cela que les extrêmes orientaux appelle la vacuité?
Dans cette vacuité, qu'est ce que nous retrouvons à part la finitude de tout existence? (Mais est-ce que nous commençons déjà pour que nous puissions finir?)
Qu'est ce que nous retrouvons à part notre solitude face à l'indifférence du ciel? (Mais quand est-ce que nous devenons "un" pour que nous puissions être seul?)
Qu'est ce que nous retrouvons à part l'absence de tout sens donné et la liberté d'en créer celui qui nous convient? (Mais quel sens aurait la liberté à créer sa vie si tout, au final, n'a pas de sens?)
(Suite précédent)
Quelle conséquence tirer de tout ça?
Que nous ne sommes en fin de compte que des corps soumis au bombardement continuel de stimuli extérieurs? Ne pouvons-nous donc "être" qu'en réaction à un extérieur qui nous sollicite? Est-ce là la seule vérité qui nous soit accessible?
Sommes nous réellement incapables de créer une vérité à partir de nous-mêmes? Ne pouvons-nous pas être acteurs de nos propres vies sans forcément tomber dans le piège de nos illusions?
N'y a t-il rien à l'intérieur de nous qui soit lui aussi, tout autant vrai que le réel extérieur? Et s'il n'y a rien, quelle différence subsisterait alors entre pleurer ou rire pour une même raison, ou même sans aucune raison? Tout ne se vaut-il pas dans ce cas? Quel serait la valeur des choix que nous faisons? si tant est est que nous puissions déjà faire des choix?
Qu'y a t-il en nous de vivant, qui provienne de nous, qui soit nous; mais qui n'est ni une réaction à un stimuli extérieur, ni non plus une invention de nos esprits?
Est-ce cela que les extrêmes orientaux appelle la vacuité?
Dans cette vacuité, qu'est ce que nous retrouvons à part la finitude de tout existence? (Mais est-ce que nous commençons déjà pour que nous puissions finir?)
Qu'est ce que nous retrouvons à part notre solitude face à l'indifférence du ciel? (Mais quand est-ce que nous devenons "un" pour que nous puissions être seul?)
Qu'est ce que nous retrouvons à part l'absence de tout sens donné et la liberté d'en créer celui qui nous convient? (Mais quel sens aurait la liberté à créer sa vie si tout, au final, n'a pas de sens?)
dimanche 10 juin 2012
173.
Je suis entré à la librairie pour passer comme chaque samedi, deux heures ou presque, entre titres de livres, noms d'auteurs et quatrièmes de couverture. Comme d'habitude, je laisse faire le hasard... je déambule entre les rayons, je lis des premières phrases, j'ouvre des livres au milieu, je lis les paragraphes de fin... et j'achète le livre qui me séduit le plus sur le moment.
Cette fois, au cours de mes pérégrinations le long des lettres de l'alphabet, une idée me traverse l'esprit et me paraît absolument évidente: Tous ces livres racontant des milliers d'histoires, dissertant sur des milliers d'idées, décrivant des milliers de situations, et résolvant des milliers de problèmes ne sont que des choses. des objets matériels. des objets hors de moi. des objets que je peux tenir dans la main. à distance de moi. que je peux prendre ou ne pas prendre. que je peux feuilleter, que je peux remettre sur une étagère et puis passer mon chemin... D'où l'idée: Tous ces livres sont donc des choses mortes; tout ce qui peut être transcrit dans des mots et ces mots devenir des phrases, et puis ces phrases imprimés sur du papier et exposés sur une étagère, ne peut être qu'une chose et est forcément une chose morte. Et ce qui est mort ne peut pas être vrai; non pas parce que ça raconte des mensonges; au contraire, ça veut raconter la plupart du temps une vérité, ou ce que l'auteur a pensé être une vérité; mais le fait est ce ne peut jamais être une vérité vivante. ce sera toujours une vérité morte.
Même par exemple, s'il y avait parmi tous ces livres, un livre qui décrivait ma propre vie personnelle, et tout ce qui m'a traversé l'esprit durant les trente deux dernières années, dans le moindre détail et sans aucune omission; il me resterait malgré tout, totalement étranger. puisque c'est une chose, un objet mort, qui demeure toujours hors de moi.
Ce qu'impliquait cette idée, c'est que tout que je pouvais penser, du moment que je pouvais me le dire en langage articulé, en mots sensés, n'était pas vrai, n'était pas réel. Je ne pouvais donc avoir aucun vrai problème, aucune vraie peine, aucun vrai projet, aucun vrai souvenir, aucun vrai sentiment, aucune vraie conviction. puisque je pouvais les penser, et les transformer en mots. et tous les mots peuvent devenir des objets.
Seul ce qui ne peut pas être mis en mots est réel: le sang qui coule dans mes veines, le sol sur lequel je marche, le décolleté de la femme devant moi, son parfum, le vent chaud sur mon visage, la sensation de soif qui me fait boire un demi-litre d'eau froide, les feuilles verte de l'arbre sous lequel je cherche de l'ombre, le poisson que je mange, la sieste que je m'octroie ensuite, le crépuscule que je regarde colorer l'horizon... Voilà ce qui est vrai... ce qui est réel...ce que ramènent constamment les cinq sens... ce que vit le corps d'instant en instant.
Le seul vrai livre qui raconte une histoire vraie est le corps vivant et le flux constant de sensations qui le font vibrer. Tout le reste c'est des faux problèmes et des utopies, des histoires que l'esprit se raconte pour accompagner le temps.
Je suis entré à la librairie pour passer comme chaque samedi, deux heures ou presque, entre titres de livres, noms d'auteurs et quatrièmes de couverture. Comme d'habitude, je laisse faire le hasard... je déambule entre les rayons, je lis des premières phrases, j'ouvre des livres au milieu, je lis les paragraphes de fin... et j'achète le livre qui me séduit le plus sur le moment.
Cette fois, au cours de mes pérégrinations le long des lettres de l'alphabet, une idée me traverse l'esprit et me paraît absolument évidente: Tous ces livres racontant des milliers d'histoires, dissertant sur des milliers d'idées, décrivant des milliers de situations, et résolvant des milliers de problèmes ne sont que des choses. des objets matériels. des objets hors de moi. des objets que je peux tenir dans la main. à distance de moi. que je peux prendre ou ne pas prendre. que je peux feuilleter, que je peux remettre sur une étagère et puis passer mon chemin... D'où l'idée: Tous ces livres sont donc des choses mortes; tout ce qui peut être transcrit dans des mots et ces mots devenir des phrases, et puis ces phrases imprimés sur du papier et exposés sur une étagère, ne peut être qu'une chose et est forcément une chose morte. Et ce qui est mort ne peut pas être vrai; non pas parce que ça raconte des mensonges; au contraire, ça veut raconter la plupart du temps une vérité, ou ce que l'auteur a pensé être une vérité; mais le fait est ce ne peut jamais être une vérité vivante. ce sera toujours une vérité morte.
Même par exemple, s'il y avait parmi tous ces livres, un livre qui décrivait ma propre vie personnelle, et tout ce qui m'a traversé l'esprit durant les trente deux dernières années, dans le moindre détail et sans aucune omission; il me resterait malgré tout, totalement étranger. puisque c'est une chose, un objet mort, qui demeure toujours hors de moi.
Ce qu'impliquait cette idée, c'est que tout que je pouvais penser, du moment que je pouvais me le dire en langage articulé, en mots sensés, n'était pas vrai, n'était pas réel. Je ne pouvais donc avoir aucun vrai problème, aucune vraie peine, aucun vrai projet, aucun vrai souvenir, aucun vrai sentiment, aucune vraie conviction. puisque je pouvais les penser, et les transformer en mots. et tous les mots peuvent devenir des objets.
Seul ce qui ne peut pas être mis en mots est réel: le sang qui coule dans mes veines, le sol sur lequel je marche, le décolleté de la femme devant moi, son parfum, le vent chaud sur mon visage, la sensation de soif qui me fait boire un demi-litre d'eau froide, les feuilles verte de l'arbre sous lequel je cherche de l'ombre, le poisson que je mange, la sieste que je m'octroie ensuite, le crépuscule que je regarde colorer l'horizon... Voilà ce qui est vrai... ce qui est réel...ce que ramènent constamment les cinq sens... ce que vit le corps d'instant en instant.
Le seul vrai livre qui raconte une histoire vraie est le corps vivant et le flux constant de sensations qui le font vibrer. Tout le reste c'est des faux problèmes et des utopies, des histoires que l'esprit se raconte pour accompagner le temps.
jeudi 7 juin 2012
172.
Je veux apprendre de plus en plus à considérer la nécessité dans les choses comme la beauté en soi : ainsi je serai l'un de ceux qui embellissent les choses. Je ne ferai pas de guerre contre la laideur ; je n'accuserai point, je n'accuserai pas même les accusateurs. Détourner le regard : que ceci soit ma seule négation. Nietzsche-Gai savoir
D'habitude, je détourne mon regard...
****
En dépit des évènements que vit ce pays depuis bientôt une année et demi (et qui à pleins d'égards ne sont que les péripéties d'une histoire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur et qui ne signifie rien-dixit Shakespeare)), il nous aurait mieux valu, à tous, constater avant toute autre chose que la Tunisie reste un pays du tiers monde, un pays pauvre, un pays civilisationnellement arriéré et culturellement misérable, un pays qui ne fabrique rien, ne produit rien, et n'invente rien...
Et à tous ceux qui pensent qu'ils ont voté, à tous ceux qui pensent qu'ils ont gagné, ou ceux qui pensent qu'ils ont perdu, j'aime toujours rappeler qu'il nous faut surtout se mettre au travail pour deux à trois bons siècles, afin de commencer, peut-être, à voir le bout du tunnel de notre arriération...
Les barbus, qui pullulent ça et là, ne sont pas le signe de retour en grâce de la religion ou du réveil d'une civilisation. Cette civilisation est morte depuis longtemps... Le corps de cette civilisation est un cadavre fini; et il aurait du être enterré il y a des siècles. Cela n'a pas été fait, et on le laisse encore pourrir à l'air libre.
(Je les vois, fiers de la facilité avec laquelle ils portent ce déguisement des peuples du désert, fiers de la facilité avec laquelle ils se laissent pousser les poils, fiers de la médiocrité de leurs croyances et de leurs comportements... J'aimerais tant qu'il comprennent que cette facilité n'a rien à voir avec la religion. J'aimerais tant qu'ils comprennent ce que disait Thoreau :" Il y a quelque chose de servile dans l'habitude de chercher une loi à laquelle obéir..." qu'elle soit terrestre ou prétendument céleste. Il ne s'agit pourtant pas de transgresser, il s'agit de dépasser.)
Aujourd'hui, certains qui voient ce cadavre remuer de tous les côtés, en appelant ça révolutions, élections, démocratie, et qui pensent que c'est là un signe d'un regain de santé et de vigueur, ne voient pas que cette agitation est plutôt le signe de sa totale pourriture. C'est comme si quelqu'un voyant l'activité frénétique de vers et de mouches dans la carcasse d'une charogne, se disait: voilà bien un organisme plein de vie...
****
Enfin, tout cela me rappelle férocement ce roman de l'anglais William Godling: "Sa majesté des mouches", qui décrit à peu près l'histoire suivante:
"Un avion transportant de jeunes garçons anglais s'écrase durant le vol sur une île déserte. Le pilote et les adultes accompagnateurs périssent.
Livrés à eux-mêmes dans une nature sauvage et paradisiaque, les nombreux enfants survivants tentent de s'organiser en reproduisant les schémas sociaux qui leur ont été inculqués. Mais bien vite le vernis craque, la fragile société vole en éclats et laisse peu à peu la place à une organisation tribale, sauvage et violente bâtie autour d'un chef charismatique et manipulateur et d'une religion rudimentaire dont le symbole est un crâne de porc en décomposition, surnommé "sa majesté des mouches", à cause de la ronde incessante des mouches autour du pieu ou il est accroché.
Chasse à l'homme, sacrifices humains, guerres sanglantes : la civilisation sur l'île disparaît au profit d'un retour à un état proche des animaux; que les enfants les plus raisonnables et les plus fragiles paient de leur existence."
On dirait que la nouvelle Tunisie qui se prépare c'est exactement ça: un pays de sa majesté des mouches.
Je veux apprendre de plus en plus à considérer la nécessité dans les choses comme la beauté en soi : ainsi je serai l'un de ceux qui embellissent les choses. Je ne ferai pas de guerre contre la laideur ; je n'accuserai point, je n'accuserai pas même les accusateurs. Détourner le regard : que ceci soit ma seule négation. Nietzsche-Gai savoir
D'habitude, je détourne mon regard...
****
En dépit des évènements que vit ce pays depuis bientôt une année et demi (et qui à pleins d'égards ne sont que les péripéties d'une histoire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur et qui ne signifie rien-dixit Shakespeare)), il nous aurait mieux valu, à tous, constater avant toute autre chose que la Tunisie reste un pays du tiers monde, un pays pauvre, un pays civilisationnellement arriéré et culturellement misérable, un pays qui ne fabrique rien, ne produit rien, et n'invente rien...
Et à tous ceux qui pensent qu'ils ont voté, à tous ceux qui pensent qu'ils ont gagné, ou ceux qui pensent qu'ils ont perdu, j'aime toujours rappeler qu'il nous faut surtout se mettre au travail pour deux à trois bons siècles, afin de commencer, peut-être, à voir le bout du tunnel de notre arriération...
Les barbus, qui pullulent ça et là, ne sont pas le signe de retour en grâce de la religion ou du réveil d'une civilisation. Cette civilisation est morte depuis longtemps... Le corps de cette civilisation est un cadavre fini; et il aurait du être enterré il y a des siècles. Cela n'a pas été fait, et on le laisse encore pourrir à l'air libre.
(Je les vois, fiers de la facilité avec laquelle ils portent ce déguisement des peuples du désert, fiers de la facilité avec laquelle ils se laissent pousser les poils, fiers de la médiocrité de leurs croyances et de leurs comportements... J'aimerais tant qu'il comprennent que cette facilité n'a rien à voir avec la religion. J'aimerais tant qu'ils comprennent ce que disait Thoreau :" Il y a quelque chose de servile dans l'habitude de chercher une loi à laquelle obéir..." qu'elle soit terrestre ou prétendument céleste. Il ne s'agit pourtant pas de transgresser, il s'agit de dépasser.)
Aujourd'hui, certains qui voient ce cadavre remuer de tous les côtés, en appelant ça révolutions, élections, démocratie, et qui pensent que c'est là un signe d'un regain de santé et de vigueur, ne voient pas que cette agitation est plutôt le signe de sa totale pourriture. C'est comme si quelqu'un voyant l'activité frénétique de vers et de mouches dans la carcasse d'une charogne, se disait: voilà bien un organisme plein de vie...
****
Enfin, tout cela me rappelle férocement ce roman de l'anglais William Godling: "Sa majesté des mouches", qui décrit à peu près l'histoire suivante:
"Un avion transportant de jeunes garçons anglais s'écrase durant le vol sur une île déserte. Le pilote et les adultes accompagnateurs périssent.
Livrés à eux-mêmes dans une nature sauvage et paradisiaque, les nombreux enfants survivants tentent de s'organiser en reproduisant les schémas sociaux qui leur ont été inculqués. Mais bien vite le vernis craque, la fragile société vole en éclats et laisse peu à peu la place à une organisation tribale, sauvage et violente bâtie autour d'un chef charismatique et manipulateur et d'une religion rudimentaire dont le symbole est un crâne de porc en décomposition, surnommé "sa majesté des mouches", à cause de la ronde incessante des mouches autour du pieu ou il est accroché.
Chasse à l'homme, sacrifices humains, guerres sanglantes : la civilisation sur l'île disparaît au profit d'un retour à un état proche des animaux; que les enfants les plus raisonnables et les plus fragiles paient de leur existence."
On dirait que la nouvelle Tunisie qui se prépare c'est exactement ça: un pays de sa majesté des mouches.
171.
"Prends ton destin à la gorge.
Ne te résigne pas à descendre sur la pente du temps qui s'en va. Montes toujours.
Détruis tout ce qui t'empêches de coller à ton destin. Détruis tes préjugés et tes opinions. Détruis tes espoirs et tes craintes. Détruis toute ton éducation passée et toutes les croyances qu'on t'a inculquées. Détruis toutes les valeurs qui t'empêchent de vivre.
Construis tes propres valeurs. Sois neuf, sois premier, sois pionnier. Donne tout maintenant. Fais tout maintenant. Aime tout maintenant...Vis tout maintenant
Accomplis chacun de tes actes comme si tu le faisais pour l'éternité,
pour les siècles des siècles; Imagine toi le refaire indéfiniment... Et
toujours avec la même joie."
Ainsi leur dis-je, avaient parlé Épictète, Marc Aurèle, Beethoven et Nietzsche..
Ainsi aussi j'ai compris qu'il valait mieux parler de l'immortalité de l'âme avec les chiens que de vouloir leur expliquer l’Éternel retour...
"Prends ton destin à la gorge.
Ne te résigne pas à descendre sur la pente du temps qui s'en va. Montes toujours.
Détruis tout ce qui t'empêches de coller à ton destin. Détruis tes préjugés et tes opinions. Détruis tes espoirs et tes craintes. Détruis toute ton éducation passée et toutes les croyances qu'on t'a inculquées. Détruis toutes les valeurs qui t'empêchent de vivre.
Construis tes propres valeurs. Sois neuf, sois premier, sois pionnier. Donne tout maintenant. Fais tout maintenant. Aime tout maintenant...Vis tout maintenant
Vis comme si chaque pensée mort-née, chaque parole non prononcée, chaque geste non accompli, chaque vie non vécue, le restera à jamais. Vis en sachant que tout ce que ta poitrine gardera, ton cœur ne s'en allégera jamais...
Vis comme si tu revivrais ta vie à l'identique des milliers de fois, infiniment; sans pouvoir y changer un seul détail...
Ainsi leur dis-je, avaient parlé Épictète, Marc Aurèle, Beethoven et Nietzsche..
Ainsi aussi j'ai compris qu'il valait mieux parler de l'immortalité de l'âme avec les chiens que de vouloir leur expliquer l’Éternel retour...
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