153.
Je parle peu, mais mon âme bavarde beaucoup, ou plutôt écrit beaucoup. Car tout, pour elle, est un prétexte à faire des phrases, à soliloquer mentalement.
Dans la rue, je marche et j'écris en même temps. J'écris des bouts de phrases, des incipits de romans de gare, des sentences et des affirmations le plus souvent sans objet, des vers sans rimes,...Je me surprends ainsi, souvent, en train de composer mentalement un texte destiné à être lu; alors que je devrais normalement penser à la situation sans forcément en prendre conscience.
Le problème est que je m'entends penser. Je m'entends dire toutes ces phrases, ce charabia sans cohérence...
Il me faut ensuite beaucoup de temps et de labeur, pour laisser décanter les choses et aboutir à un texte plus ou moins lisible par d'autres personnes... Bien sur, ce texte n'a, généralement, rien à voir avec ce que j'avais voulu écrire au départ.
***
Je regarde la rue depuis une fenêtre en étage.
En bas, il se passe des choses : un monsieur salue son voisin de palier, une vieille dame se fait voler son sac à main, un automobiliste ivre heurte un jeune enfant, deux amants se rencontrent sur le trottoir et s'enlacent tendrement... Il se peut que cela soit mon propre corps qui est en bas, qui se fait saluer, voler, heurter ou embrasser...
Mon âme suit attentivement tout ce qui se passe sous ses yeux et ne les en détourne jamais; elle se nourrit de tout: ça l'étonne, l'exalte, l'interroge, l'attriste ou la révolte...et elle consigne par écrit tout ce qu'elle a vu et ce que cela a pu lui inspirer.
Elle peut de sa fenêtre connaître la solitude et l'angoisse, elle peut connaître la joie et la paix... Elle peut connaître le bonheur et le malheur... et tous ces états (d'âmes) sont des prétextes pour écrire.
Et quand bien même, la rue serait déserte et qu'il ne s'y passe rien; elle lèverait la tête au ciel pour regarder les oiseaux voltiger au dessus des immeubles, ou les étoiles briller froidement dans le ciel... et elle en ferait aussi des phrases.
Je parle peu, mais mon âme bavarde beaucoup, ou plutôt écrit beaucoup. Car tout, pour elle, est un prétexte à faire des phrases, à soliloquer mentalement.
Dans la rue, je marche et j'écris en même temps. J'écris des bouts de phrases, des incipits de romans de gare, des sentences et des affirmations le plus souvent sans objet, des vers sans rimes,...Je me surprends ainsi, souvent, en train de composer mentalement un texte destiné à être lu; alors que je devrais normalement penser à la situation sans forcément en prendre conscience.
Le problème est que je m'entends penser. Je m'entends dire toutes ces phrases, ce charabia sans cohérence...
Il me faut ensuite beaucoup de temps et de labeur, pour laisser décanter les choses et aboutir à un texte plus ou moins lisible par d'autres personnes... Bien sur, ce texte n'a, généralement, rien à voir avec ce que j'avais voulu écrire au départ.
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Je regarde la rue depuis une fenêtre en étage.
En bas, il se passe des choses : un monsieur salue son voisin de palier, une vieille dame se fait voler son sac à main, un automobiliste ivre heurte un jeune enfant, deux amants se rencontrent sur le trottoir et s'enlacent tendrement... Il se peut que cela soit mon propre corps qui est en bas, qui se fait saluer, voler, heurter ou embrasser...
Mon âme suit attentivement tout ce qui se passe sous ses yeux et ne les en détourne jamais; elle se nourrit de tout: ça l'étonne, l'exalte, l'interroge, l'attriste ou la révolte...et elle consigne par écrit tout ce qu'elle a vu et ce que cela a pu lui inspirer.
Elle peut de sa fenêtre connaître la solitude et l'angoisse, elle peut connaître la joie et la paix... Elle peut connaître le bonheur et le malheur... et tous ces états (d'âmes) sont des prétextes pour écrire.
Et quand bien même, la rue serait déserte et qu'il ne s'y passe rien; elle lèverait la tête au ciel pour regarder les oiseaux voltiger au dessus des immeubles, ou les étoiles briller froidement dans le ciel... et elle en ferait aussi des phrases.
En lisant ceci aujourd'hui j'ai pensé à ton texte :)
RépondreSupprimer"J'ai tendu mon âme comme un câble au dessus de l’abîme
et jonglant avec les mots, je m'y suis balancé"
Vladimir Maïakovski
Merci Nathanëlle pour ces deux très beaux vers. Maïakovski dit les choses bien mieux que moi :)
RépondreSupprimerTu sais bien combien j'aime cette image du funambule suspendu au dessus de l'abîme. (c'est d'ailleurs celle que j'avais utilisé pour le premeir blog, même si je n'y étais encore qu'un apprenti-funambule)