173.
Je suis entré à la librairie pour passer comme chaque samedi, deux heures ou presque, entre titres de livres, noms d'auteurs et quatrièmes de couverture. Comme d'habitude, je laisse faire le hasard... je déambule entre les rayons, je lis des premières phrases, j'ouvre des livres au milieu, je lis les paragraphes de fin... et j'achète le livre qui me séduit le plus sur le moment.
Cette fois, au cours de mes pérégrinations le long des lettres de l'alphabet, une idée me traverse l'esprit et me paraît absolument évidente: Tous ces livres racontant des milliers d'histoires, dissertant sur des milliers d'idées, décrivant des milliers de situations, et résolvant des milliers de problèmes ne sont que des choses. des objets matériels. des objets hors de moi. des objets que je peux tenir dans la main. à distance de moi. que je peux prendre ou ne pas prendre. que je peux feuilleter, que je peux remettre sur une étagère et puis passer mon chemin... D'où l'idée: Tous ces livres sont donc des choses mortes; tout ce qui peut être transcrit dans des mots et ces mots devenir des phrases, et puis ces phrases imprimés sur du papier et exposés sur une étagère, ne peut être qu'une chose et est forcément une chose morte. Et ce qui est mort ne peut pas être vrai; non pas parce que ça raconte des mensonges; au contraire, ça veut raconter la plupart du temps une vérité, ou ce que l'auteur a pensé être une vérité; mais le fait est ce ne peut jamais être une vérité vivante. ce sera toujours une vérité morte.
Même par exemple, s'il y avait parmi tous ces livres, un livre qui décrivait ma propre vie personnelle, et tout ce qui m'a traversé l'esprit durant les trente deux dernières années, dans le moindre détail et sans aucune omission; il me resterait malgré tout, totalement étranger. puisque c'est une chose, un objet mort, qui demeure toujours hors de moi.
Ce qu'impliquait cette idée, c'est que tout que je pouvais penser, du moment que je pouvais me le dire en langage articulé, en mots sensés, n'était pas vrai, n'était pas réel. Je ne pouvais donc avoir aucun vrai problème, aucune vraie peine, aucun vrai projet, aucun vrai souvenir, aucun vrai sentiment, aucune vraie conviction. puisque je pouvais les penser, et les transformer en mots. et tous les mots peuvent devenir des objets.
Seul ce qui ne peut pas être mis en mots est réel: le sang qui coule dans mes veines, le sol sur lequel je marche, le décolleté de la femme devant moi, son parfum, le vent chaud sur mon visage, la sensation de soif qui me fait boire un demi-litre d'eau froide, les feuilles verte de l'arbre sous lequel je cherche de l'ombre, le poisson que je mange, la sieste que je m'octroie ensuite, le crépuscule que je regarde colorer l'horizon... Voilà ce qui est vrai... ce qui est réel...ce que ramènent constamment les cinq sens... ce que vit le corps d'instant en instant.
Le seul vrai livre qui raconte une histoire vraie est le corps vivant et le flux constant de sensations qui le font vibrer. Tout le reste c'est des faux problèmes et des utopies, des histoires que l'esprit se raconte pour accompagner le temps.
Je suis entré à la librairie pour passer comme chaque samedi, deux heures ou presque, entre titres de livres, noms d'auteurs et quatrièmes de couverture. Comme d'habitude, je laisse faire le hasard... je déambule entre les rayons, je lis des premières phrases, j'ouvre des livres au milieu, je lis les paragraphes de fin... et j'achète le livre qui me séduit le plus sur le moment.
Cette fois, au cours de mes pérégrinations le long des lettres de l'alphabet, une idée me traverse l'esprit et me paraît absolument évidente: Tous ces livres racontant des milliers d'histoires, dissertant sur des milliers d'idées, décrivant des milliers de situations, et résolvant des milliers de problèmes ne sont que des choses. des objets matériels. des objets hors de moi. des objets que je peux tenir dans la main. à distance de moi. que je peux prendre ou ne pas prendre. que je peux feuilleter, que je peux remettre sur une étagère et puis passer mon chemin... D'où l'idée: Tous ces livres sont donc des choses mortes; tout ce qui peut être transcrit dans des mots et ces mots devenir des phrases, et puis ces phrases imprimés sur du papier et exposés sur une étagère, ne peut être qu'une chose et est forcément une chose morte. Et ce qui est mort ne peut pas être vrai; non pas parce que ça raconte des mensonges; au contraire, ça veut raconter la plupart du temps une vérité, ou ce que l'auteur a pensé être une vérité; mais le fait est ce ne peut jamais être une vérité vivante. ce sera toujours une vérité morte.
Même par exemple, s'il y avait parmi tous ces livres, un livre qui décrivait ma propre vie personnelle, et tout ce qui m'a traversé l'esprit durant les trente deux dernières années, dans le moindre détail et sans aucune omission; il me resterait malgré tout, totalement étranger. puisque c'est une chose, un objet mort, qui demeure toujours hors de moi.
Ce qu'impliquait cette idée, c'est que tout que je pouvais penser, du moment que je pouvais me le dire en langage articulé, en mots sensés, n'était pas vrai, n'était pas réel. Je ne pouvais donc avoir aucun vrai problème, aucune vraie peine, aucun vrai projet, aucun vrai souvenir, aucun vrai sentiment, aucune vraie conviction. puisque je pouvais les penser, et les transformer en mots. et tous les mots peuvent devenir des objets.
Seul ce qui ne peut pas être mis en mots est réel: le sang qui coule dans mes veines, le sol sur lequel je marche, le décolleté de la femme devant moi, son parfum, le vent chaud sur mon visage, la sensation de soif qui me fait boire un demi-litre d'eau froide, les feuilles verte de l'arbre sous lequel je cherche de l'ombre, le poisson que je mange, la sieste que je m'octroie ensuite, le crépuscule que je regarde colorer l'horizon... Voilà ce qui est vrai... ce qui est réel...ce que ramènent constamment les cinq sens... ce que vit le corps d'instant en instant.
Le seul vrai livre qui raconte une histoire vraie est le corps vivant et le flux constant de sensations qui le font vibrer. Tout le reste c'est des faux problèmes et des utopies, des histoires que l'esprit se raconte pour accompagner le temps.
Bonjour !
RépondreSupprimerJe me perds un peu dans votre article.
Il ne faut pas oublier que le langage est un outil pour traduire ce que le corps sent, ce à quoi il aspire, ce qui lui fait du bien et ce qui lui fait du mal, qui, si je suis le résonnement de ce texte, est vrai. Plus la personne concernée connaît les nuances de sens, et possède un riche vocabulaire, et mieux elle saura faire parvenir ces sensations à l'interlocuteur. Communiquer est ainsi un outil pour manier ce que ce billet suggère comme étant vrai. N'est-il pas ainsi vrai ?
Je vous ai envoyé deux emails jusqu'à présent, et n'ai reçu aucune réponse. Il se peut que vous m'eussiez donné une adresse erronée ? Est-ce bien assyl.dhifi@gmail.com ?
J'ai pensé à vous pendant mon examen de Français. On nous a présenté un extrait de "Éloge de la lenteur".
Bien à vous mon ami ! :)
Bonjour cher être:)
RépondreSupprimerPerdez-vous, c'est bien :) Je n'ai fait ici que relater une expérience directe que j'ai vécu moi-même et ce qu'elle a éveillé comme questions en moi. je réfléchis à voix haute...D'ailleurs la suite est dans le prochain billet:)
Sinon, tout le problème du langage est qu'il doit rester un outil que l'on manie consciemment en sachant ce que l'on peut dire et ce que ne l'on peut pas dire; or le langage peut aussi devenir un piège qui pour un esprit qui ne prend pas la peine d'y voir clair, peut se substituer à la réalité. c'est le cas pour la plupart des gens. Informez vous sur ce que dit un philosophe comme Wittgenstein sur ce sujet, il dit les choses mieux que moi. Informez vous également sur ce que un penseur comme Krishnamurti dit sur le silence.
Je vous répond très prochainement pour votre e mail.
P.S: Belle coïncidence:) Vous allez avoir une bonne note! ou sinon, le correcteur est un bougre:) Bon courage pour la suite.
Ah, mon cher ami, vous êtes incorrigible, quand je vous dis que j'aimerais bien être notifiée !
RépondreSupprimerOui, le correcteur serait bougre, même si j'ai utilisé à un certain moment un terme qui n'existe dans aucun dictionnaire. Connaissez-vous le verbe "s'effichioler" ? xD
Je ne manquerai pas de lire Krishnamurti et Wittgenstein. C'est toujours bon de découvrir. Merci.
À bientôt.