2.
J'ai décidé de trouver par moi-même une vérité sur laquelle il était possible de fonder ma vie.
J'ai étudié. Beaucoup.
J'ai voulu comprendre. J'ai lu l'histoire des nations et des peuples, les écrits des philosophes et des savants, les exemples des sages et les témoignages des prophètes; j'ai comparé, analysé, réfléchi et médité à beaucoup de ce qui a été dit et écrit depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui. Mais tout ce que j'ai vu, c'est que des milliers d'années d'études diverses et variés n'ont pas fait avancé l'homme, ne serait-ce que d'un millimètre, sur la piste d'une réponse à ma question. J'ai vu que tout ce qui a été dit et tout ce qui sera dit a répondu ou répondra à d'autres questions, jamais à la mienne.
Heureusement, ma peine ne fut pas toute perdue. Et cette quête, même si elle n'avait pas atteint son objectif premier, a eu bien d'autres fruits. Car à mesure que j'avançais, lire m'avaient permis de me libérer de l'emprise de la foule et de l'époque, et de regagner petit à petit mon indépendance vis à vis des conditionnements de la société et de l'histoire. Ainsi, je pouvais de plus en plus me fier à mon propre sens du discernement et me forger mon propre avis sur plusieurs sujets, sans recourir à aucune autorité quelle qu'elle soit, religieuse, politique, ou philosophique.
Les péripéties et les exigences de cette quête m'avaient aussi permis de me libérer d'une autre manière. La solitude aidant, J'ai dû à maintes reprises, faire face à moi-même, et à ma vacuité. J'ai creusé jusqu'au sang, j'ai torturé mon âme, et lui ai fait avouer tous ses secrets. J'ai fait l'examen de ma conscience et me suis confessé à moi-même de toutes mes lâchetés et surtout de tous mes artifices pour les voiler et m'abuser. J'ai fait face à mes échecs et j'ai reconnu mes vanités. J'ai eu pitié de moi-même, j'ai eu honte de moi-même. Mon âme, à certains moments, en a été triste à en mourir...Mais je ne suis pas mort pour autant, ce qui s'est éteint, c'est le mensonge de mon orgueil.
Voilà où j'en suis aujourd'hui: Je sais peut-être certaines choses; mais de la vie, rien que je ne savais pas déjà à ma naissance. Ma conviction est telle que tous les mots de la terre, qu'ils soient profanes ou sacrés, ne pourront jamais me renseigner sur aucune vérité. La réalité est là, devant moi, aussi éclatante qu'un soleil d'été. Et tout ce que je sais ou crois savoir d'elle ne m'est que comme un arbre dont je peux manger les fruits mais qui ne m'est d'aucun secours quand je cherche de l'ombre.
Il ne me reste en définitive qu'à choisir entre l'erreur et l'ignorance; ou me résigner à croire en quelque chose en étant certain que c'est faux ou me résigner à mon incapacité totale à trouver une quelconque vérité.
Il y existe pourtant encore une troisième voie...
J'ai décidé de trouver par moi-même une vérité sur laquelle il était possible de fonder ma vie.
J'ai étudié. Beaucoup.
J'ai voulu comprendre. J'ai lu l'histoire des nations et des peuples, les écrits des philosophes et des savants, les exemples des sages et les témoignages des prophètes; j'ai comparé, analysé, réfléchi et médité à beaucoup de ce qui a été dit et écrit depuis les temps anciens jusqu'à aujourd'hui. Mais tout ce que j'ai vu, c'est que des milliers d'années d'études diverses et variés n'ont pas fait avancé l'homme, ne serait-ce que d'un millimètre, sur la piste d'une réponse à ma question. J'ai vu que tout ce qui a été dit et tout ce qui sera dit a répondu ou répondra à d'autres questions, jamais à la mienne.
Heureusement, ma peine ne fut pas toute perdue. Et cette quête, même si elle n'avait pas atteint son objectif premier, a eu bien d'autres fruits. Car à mesure que j'avançais, lire m'avaient permis de me libérer de l'emprise de la foule et de l'époque, et de regagner petit à petit mon indépendance vis à vis des conditionnements de la société et de l'histoire. Ainsi, je pouvais de plus en plus me fier à mon propre sens du discernement et me forger mon propre avis sur plusieurs sujets, sans recourir à aucune autorité quelle qu'elle soit, religieuse, politique, ou philosophique.
Les péripéties et les exigences de cette quête m'avaient aussi permis de me libérer d'une autre manière. La solitude aidant, J'ai dû à maintes reprises, faire face à moi-même, et à ma vacuité. J'ai creusé jusqu'au sang, j'ai torturé mon âme, et lui ai fait avouer tous ses secrets. J'ai fait l'examen de ma conscience et me suis confessé à moi-même de toutes mes lâchetés et surtout de tous mes artifices pour les voiler et m'abuser. J'ai fait face à mes échecs et j'ai reconnu mes vanités. J'ai eu pitié de moi-même, j'ai eu honte de moi-même. Mon âme, à certains moments, en a été triste à en mourir...Mais je ne suis pas mort pour autant, ce qui s'est éteint, c'est le mensonge de mon orgueil.
Voilà où j'en suis aujourd'hui: Je sais peut-être certaines choses; mais de la vie, rien que je ne savais pas déjà à ma naissance. Ma conviction est telle que tous les mots de la terre, qu'ils soient profanes ou sacrés, ne pourront jamais me renseigner sur aucune vérité. La réalité est là, devant moi, aussi éclatante qu'un soleil d'été. Et tout ce que je sais ou crois savoir d'elle ne m'est que comme un arbre dont je peux manger les fruits mais qui ne m'est d'aucun secours quand je cherche de l'ombre.
Il ne me reste en définitive qu'à choisir entre l'erreur et l'ignorance; ou me résigner à croire en quelque chose en étant certain que c'est faux ou me résigner à mon incapacité totale à trouver une quelconque vérité.
Il y existe pourtant encore une troisième voie...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire