lundi 16 janvier 2012

91.

De mon bureau, je peux apercevoir la montagne.

J'ai son double dans mon coeur. Et j'essaie de le grimper chaque jour, en me disant que son sommet est au delà des nuages, et que peut-être le soleil y rayonne toujours; mais je m'épuise bien avant d'avoir dépassé les premières pentes. Je redescends, je me perds dans la foule.

En bas, c'est un désert qui s'offre à ma vue. Je ne sais où aller, et pourquoi y aller. Alors, je tourne en ronds sur le sable autour d'un arbre perdu. J'avance puis je reviens sur mes pas. Je passe la journée à scruter les mirages qui dansent ça et là, et des corbeaux, des fois, apparraissent  dans le ciel...

Mon nom, mon histoire, ma patrie, ma religion, ma langue, mon métier,...Tout cela ne me suffit pas. Tout cela n'existe pas quand je suis seul. Dans la solitude, on apprend à nommer les choses et non plus à être nommé par les choses.

Et puis vient le soir, et il est alors nécessaire d'allumer un feu, pour se nourrir, pour se protéger, pour se chauffer. J'y mets à brûler du papier: des journeaux, des livres de poésie, de philosophie et d'histoire. Au coin du feu, je regarde les étoiles, je parle au vent, je me raconte des rêves, des légendes et des prophéties. Puis, je l'éteins sous un peu de sable, et je m'endors.

La terre n'aura jamais été aussi peuplée; et pourtant le "mal du siècle" sera la solitude. Je ne suis qu'un précurseur.

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