135.
La journée d'hier a été, en entier, dédiée à un "séminaire" d'entreprise, où des "experts" (patentés en je ne sais quelles spécialités) nous avaient pendant huit heures seriné des choses sur quelque chose; je ne sais plus quoi exactement...
Les auditeurs quant à eux étaient en grande majorité des "cadres" en "Finances" et en "IT";...(Ce sont ces hommes gris que voyez le plus souvent marcher dans la rue l'air grave et pressés...)
(Je fais moi aussi partie de ceux-là...Malheureusement...)
(...Mais je me soigne.)
...
Le lieu était cossu, l'ambiance feutrée; costumes-cravates et lunettes noires, marbre et moquette, café et petits-fours...
Nous avons écouté longuement et nous avons baillé beaucoup. Les gens se sont réveillés pendant le déjeuner. Il faut dire que ce qui se disait à l'intérieur de la salle était à 90% du temps du jargonnage en franco-english autour de certaines "problématiques business"... ça ne pouvait intéresser personne...; ou du moins ça ne pouvait pas m'intéresser moi...
Pourtant, j'arrivais encore à détecter ce moment "magique" où les gens basculaient dans l'irréalité du mensonge collectif que leur assemblée avait créé, et où ils commençaient à croire à la comédie qu'ils jouaient eux-même...
Il y a eu ainsi à certains moments, des "questions", des "échanges" et même des "applaudissements"...
...
Dès la première heure, je savais déjà qu'à la fin de la journée, je ne me rappellerai plus jamais ni des visages ni des paroles... Je m'étais quand même dit que c'était une occasion intéressante de vérifier de mes propres yeux l'artificialité totale des jeux de rôles auxquels on est soumis au travail...
Mais quand bien même j'étais convaincu que l'homme naît nu et démuni, le reste toute sa vie et que c'est ainsi qu'il meurt aussi...je savais de même que cette logique ne pouvait pas être poussée à son extrême, car sinon toute la civilisation humaine serait un artifice...Bon, elle l'est, sans doute; mais ce n'est pas une raison suffisante pour la balayer d'un revers de la main; il faut faire avec, c'est tout; et ne pas y croire, surtout!
...
J'ai écrit ces notes entre la quatrième et la cinquième heure du séminaire.Oui, je comptais les minutes...
La journée d'hier a été, en entier, dédiée à un "séminaire" d'entreprise, où des "experts" (patentés en je ne sais quelles spécialités) nous avaient pendant huit heures seriné des choses sur quelque chose; je ne sais plus quoi exactement...
Les auditeurs quant à eux étaient en grande majorité des "cadres" en "Finances" et en "IT";...(Ce sont ces hommes gris que voyez le plus souvent marcher dans la rue l'air grave et pressés...)
(Je fais moi aussi partie de ceux-là...Malheureusement...)
(...Mais je me soigne.)
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Le lieu était cossu, l'ambiance feutrée; costumes-cravates et lunettes noires, marbre et moquette, café et petits-fours...
Nous avons écouté longuement et nous avons baillé beaucoup. Les gens se sont réveillés pendant le déjeuner. Il faut dire que ce qui se disait à l'intérieur de la salle était à 90% du temps du jargonnage en franco-english autour de certaines "problématiques business"... ça ne pouvait intéresser personne...; ou du moins ça ne pouvait pas m'intéresser moi...
Pourtant, j'arrivais encore à détecter ce moment "magique" où les gens basculaient dans l'irréalité du mensonge collectif que leur assemblée avait créé, et où ils commençaient à croire à la comédie qu'ils jouaient eux-même...
Il y a eu ainsi à certains moments, des "questions", des "échanges" et même des "applaudissements"...
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Dès la première heure, je savais déjà qu'à la fin de la journée, je ne me rappellerai plus jamais ni des visages ni des paroles... Je m'étais quand même dit que c'était une occasion intéressante de vérifier de mes propres yeux l'artificialité totale des jeux de rôles auxquels on est soumis au travail...
Mais quand bien même j'étais convaincu que l'homme naît nu et démuni, le reste toute sa vie et que c'est ainsi qu'il meurt aussi...je savais de même que cette logique ne pouvait pas être poussée à son extrême, car sinon toute la civilisation humaine serait un artifice...Bon, elle l'est, sans doute; mais ce n'est pas une raison suffisante pour la balayer d'un revers de la main; il faut faire avec, c'est tout; et ne pas y croire, surtout!
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J'ai écrit ces notes entre la quatrième et la cinquième heure du séminaire.Oui, je comptais les minutes...
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