137.
Savez vous que vous voyez ?
Non, vous ne le savez pas.
Vous vivez avec, et ce depuis très longtemps, c'est tout.
Levez votre tête de l'écran où vous êtes en train de lire mon texte. Déjà, vous avez vu...La lumière a pénétré vos yeux, votre cerveau l'a analysé et vous voyez déjà de ce qui est autour de vous: un mur blanc par exemple; et ce avant même que vous ne commenciez à réfléchir à ce que vous venez de voir. La vitesse avec laquelle vous voyez vous dépasse, elle dépasse de très loin votre entendement.
Fermez les yeux et essayez de répondre à la question: savez vous que vous voyez? N'essayez pas de vous souvenir que vous avez déjà vu. N'essayez pas de vous imaginer que normalement vous devriez voir. Répondez honnêtement à la question présente alors que vos yeux sont fermés. Vous ne le pourrez jamais. Tant que la lumière ne pénètre pas vos yeux, vous ne savez pas que vous voyez.
Rouvrez les yeux. Vous avez déjà revu avant même d'y penser...Vos yeux sont allés beaucoup plus vite que vous. La lumière ne vous laisse pas le temps de réfléchir...Vous constatez juste que vous n'êtes pas aveugle, mais vous ne savez pas (encore) que vous voyez. Vous ignorez même ce qu’est voir… Son résultat s’est déjà s’imposé à vos yeux.
Avez-vous jamais appris à voir ? Non, vous ne l'avez jamais appris. Vous n'avez jamais appris à voir comme par exemple vous avez appris, lors de votre petite enfance, à marcher, à parler ou à lire. Voir vous est tellement évident (Tant que vous avez les yeux ouverts); qu’il vous semble que cela fait tout naturellement partie de vous et de vos aptitudes. Cela vous accompagne depuis si longtemps que vous ne comprenez même pas la question ; probablement vous êtes même en train de considérer son inutilité...
Vous vous dites: Pourquoi y'aurait-il donc nécessité d'apprendre ce que l'on sait déjà? Voir est devenu si habituel pour vous, si simple...que vous ne faites plus jamais d'effort pour voir quoi que ce soit. Il faut certainement remonter loin, très loin dans votre enfance, aux tous premiers instants peut-être; pour vous rappeler quand vous avez vu pour la première fois, et quels efforts cela vous a demandé de comprendre que vous voyez...Vous ne vous en rappelez probablement pas.
Vous ne savez donc pas que vous voyez, mais vous le constatez, et vous le constatez si bien que vous n'avez pas le temps, ou que vous ne l'avez jamais pris, de comprendre pourquoi vous voyez. Là maintenant, après-coup, pour expliquer ce qui est évident, vous vous dites: Je vois, et à quoi cela me sert-il de voir? Vous êtes peut-être en train de penser que voir, comme on vous l'a appris à l'école, est un des cinq sens de la perception humaine, tout comme l'ouie, le toucher, le goût ou l'odorat...vous concluez bien sûr que voir vous sert à vous saisir mentalement de cet ensemble d'images colorés qu'est le monde autour de vous.
***
Imaginez que vous êtes à côté d'un aveugle de naissance.
Essayez de lui expliquer ce que vous voyez, que l'herbe est verte et que les coquelicots sont rouges.
Ou mieux, essayez de lui expliquer la notion d'horizon; expliquez lui que le ciel est bleu et que la mer aussi est bleue, et expliquez lui qu'à un certain moment, le ciel et la mer se rejoignent. Dites lui ensuite que tout ce que vous venez de lui dire est en partie faux, que tout cela est le jeu de la lumière et des couleurs, car en réalité l'air du ciel est invisible, que l'eau de la mer est transparente, et qu'ils ne se rejoignent jamais.
Avez vous une quelconque idée de ce qu'il peut mentalement comprendre de ce que vous venez de lui dire? Avez vous une quelconque idée de ce qu'il peut, dans sa nuit perpétuelle, s'imaginer ? Pourrait-il lui-même aller expliquer ce que ce qu'est l'horizon, le bleu du ciel et le bleu de la mer à d'autres aveugles de naissance? Que pourrait-il leur dire? et que pourraient-ils comprendre ?
Imaginez maintenant que par un miracle divin, cet aveugle à côté de vous se mette d'un seul coup à voir de lui-même. Avez-vous une idée du rapport entre ce qu'il découvre et ce qu'il pouvait s'en s'imaginer à partir de ce que vous lui racontez ?
Je vous laisse imaginer les réponses...
***
Pourquoi je dis tout cela?
A propos de la Vie, vous pouvez rester comme cet aveugle en face de l'horizon; et vous y conduire comme vous vous imaginez en avoir compris de ceux qui ont déclaré la comprendre. Sachez aussi que depuis très longtemps, ce sont des aveugles qui enseignent à d'autres aveugles.
Mais vous pouvez aussi ouvrir vos propres yeux, il peut aussi vous être donné que la lumière pénètre vos yeux; et sans qu'on vous l'apprenne, vous pouvez constater que vous aussi vous voyez... vous l'ignoriez tout simplement. Là, peut-être, comprendrez-vous ce qu'est la lumière, ce qu'est la vie et que rien ne vaut voir de ses propres yeux...
Rien de philosophique dans ce que je dis: cela commence très simplement et très concrètement: commencez par apprendre à voir ce qui est autour de vous, commencez par voir les fleurs, la mer, la lumière du soleil... N'y soyez pas indifférent, oubliez l'habitude de voir...Soyez en conscient...
Savez vous que vous voyez ?
Non, vous ne le savez pas.
Vous vivez avec, et ce depuis très longtemps, c'est tout.
Levez votre tête de l'écran où vous êtes en train de lire mon texte. Déjà, vous avez vu...La lumière a pénétré vos yeux, votre cerveau l'a analysé et vous voyez déjà de ce qui est autour de vous: un mur blanc par exemple; et ce avant même que vous ne commenciez à réfléchir à ce que vous venez de voir. La vitesse avec laquelle vous voyez vous dépasse, elle dépasse de très loin votre entendement.
Fermez les yeux et essayez de répondre à la question: savez vous que vous voyez? N'essayez pas de vous souvenir que vous avez déjà vu. N'essayez pas de vous imaginer que normalement vous devriez voir. Répondez honnêtement à la question présente alors que vos yeux sont fermés. Vous ne le pourrez jamais. Tant que la lumière ne pénètre pas vos yeux, vous ne savez pas que vous voyez.
Rouvrez les yeux. Vous avez déjà revu avant même d'y penser...Vos yeux sont allés beaucoup plus vite que vous. La lumière ne vous laisse pas le temps de réfléchir...Vous constatez juste que vous n'êtes pas aveugle, mais vous ne savez pas (encore) que vous voyez. Vous ignorez même ce qu’est voir… Son résultat s’est déjà s’imposé à vos yeux.
Avez-vous jamais appris à voir ? Non, vous ne l'avez jamais appris. Vous n'avez jamais appris à voir comme par exemple vous avez appris, lors de votre petite enfance, à marcher, à parler ou à lire. Voir vous est tellement évident (Tant que vous avez les yeux ouverts); qu’il vous semble que cela fait tout naturellement partie de vous et de vos aptitudes. Cela vous accompagne depuis si longtemps que vous ne comprenez même pas la question ; probablement vous êtes même en train de considérer son inutilité...
Vous vous dites: Pourquoi y'aurait-il donc nécessité d'apprendre ce que l'on sait déjà? Voir est devenu si habituel pour vous, si simple...que vous ne faites plus jamais d'effort pour voir quoi que ce soit. Il faut certainement remonter loin, très loin dans votre enfance, aux tous premiers instants peut-être; pour vous rappeler quand vous avez vu pour la première fois, et quels efforts cela vous a demandé de comprendre que vous voyez...Vous ne vous en rappelez probablement pas.
Vous ne savez donc pas que vous voyez, mais vous le constatez, et vous le constatez si bien que vous n'avez pas le temps, ou que vous ne l'avez jamais pris, de comprendre pourquoi vous voyez. Là maintenant, après-coup, pour expliquer ce qui est évident, vous vous dites: Je vois, et à quoi cela me sert-il de voir? Vous êtes peut-être en train de penser que voir, comme on vous l'a appris à l'école, est un des cinq sens de la perception humaine, tout comme l'ouie, le toucher, le goût ou l'odorat...vous concluez bien sûr que voir vous sert à vous saisir mentalement de cet ensemble d'images colorés qu'est le monde autour de vous.
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Imaginez que vous êtes à côté d'un aveugle de naissance.
Essayez de lui expliquer ce que vous voyez, que l'herbe est verte et que les coquelicots sont rouges.
Ou mieux, essayez de lui expliquer la notion d'horizon; expliquez lui que le ciel est bleu et que la mer aussi est bleue, et expliquez lui qu'à un certain moment, le ciel et la mer se rejoignent. Dites lui ensuite que tout ce que vous venez de lui dire est en partie faux, que tout cela est le jeu de la lumière et des couleurs, car en réalité l'air du ciel est invisible, que l'eau de la mer est transparente, et qu'ils ne se rejoignent jamais.
Avez vous une quelconque idée de ce qu'il peut mentalement comprendre de ce que vous venez de lui dire? Avez vous une quelconque idée de ce qu'il peut, dans sa nuit perpétuelle, s'imaginer ? Pourrait-il lui-même aller expliquer ce que ce qu'est l'horizon, le bleu du ciel et le bleu de la mer à d'autres aveugles de naissance? Que pourrait-il leur dire? et que pourraient-ils comprendre ?
Imaginez maintenant que par un miracle divin, cet aveugle à côté de vous se mette d'un seul coup à voir de lui-même. Avez-vous une idée du rapport entre ce qu'il découvre et ce qu'il pouvait s'en s'imaginer à partir de ce que vous lui racontez ?
Je vous laisse imaginer les réponses...
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Pourquoi je dis tout cela?
A propos de la Vie, vous pouvez rester comme cet aveugle en face de l'horizon; et vous y conduire comme vous vous imaginez en avoir compris de ceux qui ont déclaré la comprendre. Sachez aussi que depuis très longtemps, ce sont des aveugles qui enseignent à d'autres aveugles.
Mais vous pouvez aussi ouvrir vos propres yeux, il peut aussi vous être donné que la lumière pénètre vos yeux; et sans qu'on vous l'apprenne, vous pouvez constater que vous aussi vous voyez... vous l'ignoriez tout simplement. Là, peut-être, comprendrez-vous ce qu'est la lumière, ce qu'est la vie et que rien ne vaut voir de ses propres yeux...
Rien de philosophique dans ce que je dis: cela commence très simplement et très concrètement: commencez par apprendre à voir ce qui est autour de vous, commencez par voir les fleurs, la mer, la lumière du soleil... N'y soyez pas indifférent, oubliez l'habitude de voir...Soyez en conscient...
C'est génial de s'attarder sur de pareils détails.
RépondreSupprimerIl ne suffit pas de voir.. Il y a aussi l'interprétation...
Voir un mur blanc, quoi de plus concret ? D'accord, mais qu'est ce que "blanc" et qu'est-ce qu'un mur ? Tout ce qu'on voit n'est qu'interprétation...
Et puis, comment un aveugle de naissance peut imaginer un "bleu" ou un "rouge" ? Si ce n'est par la chaleur que renvoient ces deux couleurs par exemple ?