vendredi 18 novembre 2011

37.

L'esprit est gouverné par les mêmes lois qui gouvernent l'univers. Comme la matière, il est, lui aussi, soumis à la gravitation. Le mouvement de la pensée est son inexorable chute. Il appelle le vide dans lequel il tombe: Le temps.

La méditation est l'arrêt de cette chute et la station de l'être sur le socle inébranlable du présent.

Quand ainsi on découvre la vastitude de l'espace intérieur de la conscience et l'ineptie de la représentation psychologique du temps; on ne peut plus prendre au sérieux les vicissitudes de la vie publique, temporelle, ordinaire; elle n'est qu'un JEU auquel on prend part, consciemment, tant qu'il est joyeux et paisible et qu'on quitte, consciemment aussi, dès qu'il dévie de son sens et qu'il devient morne et violent.

4 commentaires:

  1. la méditation n'est -elle pô le pluriel d'une pensée? avec un certain ordre.

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  2. Non ma chère:) La méditation n'a rien avoir avec l'activité mentale. Elle n'est une même pensée répétée, ni plusieurs pensées ordonnées. Ce n'est ni réflexion, ni raisonnement, ni concentration, ni rêverie, ni souvenir, ni projection. Je dirais même que quand on médite, on ne pense pas du tout. On se tient, spirituellement parlant, calme et immobile et on accueille le présent. On constate alors que les pensées qui nous gouvernent habituellement ne sont en fait que des nuages qui traversent un ciel bleu.

    Méditer c'est faire taire le bruit mental qui nous accompagne continuellement là ou nous allons. On ne nomme plus rien, on ne désigne plus rien, on ne juge plus rien, on ne compare plus rien à rien. On se tient là, simplement et on voit alors que le temps est une illusion, l'égo est une illusion, les notions habituelles du bien et le mal sont elles aussi des illusions.

    Méditer c'est savoir que le passé n'est plus et le que le futur n'est pas encore et qu'il n'y a en réalité qu'un seul temps présent, et que TOUT existe en ce temps et que tu fais partie de ce tout, non plus en tant que sujet séparé regardant un spectacle extérieur, mais bien en tant qu'être conscient de son union avec tout ce qui est.

    Bien sur, on ne peut se maintenir longtemps dans cet état, mais on peut le vivre assez fréquemment quand on apprend à se libérer de l'emprise du mental sur soi. Il faut toujours commencer par être conscient du fait d'être vivant et qu'on respire encore, c'est la première des méditations.

    Enfin, je te dirais que tout ce que je viens de dire ne s'appréhende jamais intellectuellement mais seulement en en faisant soi-même l'expérience intime.

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  3. La pensée est objective... mais elle devient subjective quand on lui colle un sujet... des mots péjoratifs, même mélioratifs!
    je dirais la méditation est une pensée vierge... une pensée qui ne se veut pô active, une autre manière de faire travailler nos neurones, dont l'expérience est surprenante et mérite de l'entrainement!
    la méditation demande une concentration, et c'est cette dernière qui manque aux flots de pensées qui traversent l'humain chaque jour!

    je peux te dire que mon expérience avec la méditation a commencé avec un vulgaire vernis à ongles... un jour je m'étalerai sur ce sujet :D

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  4. La pensée ne peut pas ne pas se vouloir active. Elle l'est toujours. Ce que tu appelles a concentration, n'est que de la discipline; or la qualité même de la méditation est qu'elle est silencieuse et libre.

    Et attention, lorsque je dis "méditer, c'est ne pas penser", je ne veux surtout pas dire que la méditation est un vide,une absence ou une sortie du monde; elle n'est pas hébétude. Au contraire, c'est toujours une grande présence.

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