lundi 6 février 2012

107.

Ai passé la journée du Dimanche avec la voix de Leonard Cohen dans les oreilles.

Une musique travaillée, une voix grave que j'adore, et des paroles profondément poétiques: Bird on wire, I'm your man, Avalanche, Everybody knows, Anthem,... et surtout Suzanne, Hallelujah, et Dance me to the end of love,...

Et j'ai dansé. Jusqu'à l'énivrement. Mais très silencieusement, sans que cela ne change en rien le cours de mes gestes. J'ai marché, lu, écrit, mangé, fait des courses, pris une douche; et je dansais toujours. J'ai dansé comme les derviches tourneurs de Rûmi, comme les amants de Brel, comme Shiva le dieu hindou; et probablement comme dansent, sans arrêt, tous les êtres qui peuplent la terre et le ciel, et ce qu'il y a entre les deux. Cela pourrait peut-être paraître exagéré; mais non, cela ne l'est pas. Et même si; ne faut-il pas exagérer sa joie quand tout dehors ne cherche qu'à l'infirmer?

J'éprouvais un très agréable sentiment de présence et de gratitude. Ma joie n'avait aucun signe particulier, ...et n'avait nécessité aucun "artifice" euphorisant, sauf la musique peut-être; ne se manifestant tout au plus, que par un surcroît de tendresse et d'attention à la présence aux miens autour de moi.

Je n'avais pas mis en ordre le chaos de mon être. Et quelle prétention, quelle arrogance cela serait que de penser que le chaos pourrait être mis en ordre? Non, ce n'était qu'une certaine possibilité humaine, que j'ai peut-être pu toucher du doigt. un équilibre au dessus du chaos, un surf au dessus des vagues du temps... J'avais peut-être oublié le bruit du monde et pu entendre le chant, très bas, de l'amour que se témoigne la vie à elle-même.

Et je l'entendais me dire: "Je pense vous aimer"; et je m'entendais vous dire: "je pense vous aimer"

Et puis il y avait la voix de Leonard Cohen qui résonnait encore dans ma tête...

Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic 'til I'm gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Dance me to the end of love, dance me to the end of love...

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