110.
Je me nourris de morceaux de livres, comme d'autres se nourrissent de morceaux de viande. Et j'ai pour repères des auteurs et des personnages, comme d'autres ont pour repères des généraux et des chefs de partis.
***
Je me souviens de Dino Buzzati et de son personnage "Giovanni Drogo" dans "le Désert des tartares"; ce jeune officier militaire qui attend impatiemmment la guerre qui donnera sens à sa réclusion aux lointains confins du désert. Il attendra trente ans, Drogo. Mais en vain. Sa vie finira dans l'oubli, sans que la guerre ne survienne jamais. Ou si; les tartares finiront par arriver, mais Drogo, lui, ne sera pas là pour le voir, il était vieux désormais...Le soir de sa mort seulement, il comprendra.
Et je me demande: Et nous donc, qu'attendons nous ?
Je me souviens aussi de Breton et de "Nadja"; récit des déambulations de l'auteur en compagnie de Nadja dans un Paris pleins de signes ; et en arrière plan, son programme surréaliste de sa découverte de lui-même.
Le livre commence par cette question "Qui suis-je?". Et Breton va essayer d'y répondre à partir de ce proverbe: "Dis moi qui tu hantes, je te dirais qui tu es"...
Et je me demande alors: Sommes nous, chacun, un fantôme qui erre solitairement dans le monde, et qui n'existe que lorsque, hantant une autre âme; il lui arrive de se fixer et de naître ? Est-ce cet autre-là qui pourrait lui dire qui il est ?
Je me nourris de morceaux de livres, comme d'autres se nourrissent de morceaux de viande. Et j'ai pour repères des auteurs et des personnages, comme d'autres ont pour repères des généraux et des chefs de partis.
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Je me souviens de Dino Buzzati et de son personnage "Giovanni Drogo" dans "le Désert des tartares"; ce jeune officier militaire qui attend impatiemmment la guerre qui donnera sens à sa réclusion aux lointains confins du désert. Il attendra trente ans, Drogo. Mais en vain. Sa vie finira dans l'oubli, sans que la guerre ne survienne jamais. Ou si; les tartares finiront par arriver, mais Drogo, lui, ne sera pas là pour le voir, il était vieux désormais...Le soir de sa mort seulement, il comprendra.
Et je me demande: Et nous donc, qu'attendons nous ?
Je me souviens aussi de Breton et de "Nadja"; récit des déambulations de l'auteur en compagnie de Nadja dans un Paris pleins de signes ; et en arrière plan, son programme surréaliste de sa découverte de lui-même.
Le livre commence par cette question "Qui suis-je?". Et Breton va essayer d'y répondre à partir de ce proverbe: "Dis moi qui tu hantes, je te dirais qui tu es"...
Et je me demande alors: Sommes nous, chacun, un fantôme qui erre solitairement dans le monde, et qui n'existe que lorsque, hantant une autre âme; il lui arrive de se fixer et de naître ? Est-ce cet autre-là qui pourrait lui dire qui il est ?
Puisqu'on est trop lâche pour assumer ce qui a de meilleur et de bon en nous, c'est là qu'intervient l'autre pour nous ôter toute honte, nous tenir la main, et nous emmener droit dans le chemin de l'"être" .
RépondreSupprimer"Il se souvint du mythe célèbre du Banquet de Platon: autrefois, les humains étaient hermaphrodites et Dieu les a séparés en deux moitiés qui errent depuis lors à travers le monde et se cherchent. L'amour, c'est le désir de cette moitié perdue de nous-mêmes." L'insoutenable légèreté de l'être - Kundera
"Etre"...Et quel autre projet pour les belles âmes ?
RépondreSupprimerContinuons...
Après Platon, laissons parler Shakespeare:
"Let me not to the marriage of true minds
Admit impediments. Love is not love
Which alters when it alteration finds,
Or bends with the remover to remove:
O no! it is an ever-fixed mark
That looks on tempests and is never shaken;
It is the star to every wandering bark,
Whose worth's unknown, although his height be taken.
Love's not Time's fool, though rosy lips and cheeks
Within his bending sickle's compass come:
Love alters not with his brief hours and weeks,
But bears it out even to the edge of doom.
If this be error and upon me proved,
I never writ, nor no man ever loved."
Shakespeare- Sonnet 116.
P.S: Tu en trouveras plusieurs traductions en français sur le Net.
"Nul n'a jamais aimé et je n'ai rien écrit..."
RépondreSupprimerMerci pour cette belle découverte nocturne :)
Et pourtant Shakespeare a bel et bien écrit...
RépondreSupprimerTout le plaisir est pour moi :)