lundi 20 février 2012

121.

Je me rappelle du jour où j'ai signé le contrat de travail qui me lie à l'entreprise où je travaille depuis maintenant plus de six ans.

Ma main signait le contrat, alors que dans ma tête je le refusais catégoriquement...Je voulais faire autre chose, mais je ne savais pas quoi. Ce n'était pas le travail qui était en défaut, c'était moi. Maintenant avec le recul de quelques années, je sais que quelque soit le contrat qui m'aurait été présenté, j'aurai probablement toujours voulu faire autre chose; dans ma tête, j'aurai toujours refusé.

J'avais signé quand-même, me résignant à la dictature du réel et à l'inexistence d'alternatives. J'avais signé; et cela m'a valu des mois, si ce n'est des années, de mal-être que je m'évertuais, sans succès, à vaincre.

Aujourd'hui, j'écris ces lignes de mon bureau...

Aurait-il été meilleur et plus sage que j'accepte en esprit ce que ma main faisait dans la réalité? Aurait-il été meilleur que je saute de joie après avoir signé? Il me semble que non. Je ne regrette pas, car ce refus-là, malgré toutes ces peines, me permet, de préserver mon indépendance et de ne pas permettre au système de me broyer, de ne pas me complaire dans sa médiocrité.

3 commentaires:

  1. "جئت إلى العالم لكي أحتجّ"
    مكسيم غوركي

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  2. Et aussi celle-ci d'Alain: "penser, c'est dire non".

    Etre c'est être en totale contradiction (mais pas confrontation, car sinon on joue son jeu) avec "un monde" qui n’entend plus rien au son de la beauté "irréelle" du monde.

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  3. Voilà qui répond à une de mes questions.

    Je partage une certaine compassion.

    Je suis désolée pour toi... Parce qu'il en est ainsi.. et en même temps, je suis tellement contente pour toi!

    C'est grave, Docteur ? :)
    Bon courage pour la suite.

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